jeudi 28 octobre 2021

Entre chien et loup

A quand cette petite mort qui peut être jouissance

Il est venu le temps du ténébreux éveil

Le ciel pur s’étend en un éclat vermeil

Pour longtemps s’évanouit l’espoir de puissance

 

Une transition où les regards se troublent 

D’une silhouette à une autre chacun face à son double

Plus de peur pour celui qui souhaite se réfugier

En chacun l’animal voit ses crocs acérés

 

Un vent mauvais qui ce soir apporte la nouvelle

Billes jaunes dans le noir et les moutons qui bêlent

Dénuement et équivoque auront la part belle

Fin de l’histoire ou destin qui la renouvelle

 

Chien ou loup, à la fontaine, qui boira à l’envie

L’aimable compagnon dont la panse fut remplie

Ou le libre sauvageon luttant pour sa survie

En clair-obscur, laissons se dessiner la vie

 

P.M. 

dimanche 1 août 2021

Les gifles de la discorde ; quand une analyse de ces humiliations permet de « faire de la pédagogie » à notre élite politico-médiatique.

Il ne s’agit pas ici de cautionner ou non, de condamner ou non une quelconque agression, un quelconque comportement mais seulement de tenter de chercher des explications et d’émettre des hypothèses quant à la genèse de tels évènements. 

 

La désacralisation du corps du roi, quand le souverain revient d’un seul coup parmi nous. 

 

     Comment a-t-on pu arriver au stade d’un coup porté directement et frontalement au visage d’un Président de la République par un jeune homme de 28 ans le 8 juin 2021[1] ? Je ne retiens pas ici la piste de la santé mentale défaillante, les explications de cet homme m’ont semblé avoir une certaine cohérence et son intervention lors de son procès m’a même paru digne d’intérêt. 

     Une première hypothèse est le paradoxe macronien, le retour du boomerang « en-même- tempstiste ». Je m’explique ; à mon sens, il y a un décalage total entre la vision que le Président a de lui-même, se croyant légitime pour être tout à la fois autoritaire, paternaliste et condescendant avec l’assurance tout risque que la fonction le préservera ; et la vision que nombre de citoyens ont de lui : un petit chef à la dérive en total abandon de fonction qui ne se rend même pas compte que plus il parle plus la haine qu’il suscite grandit.  En effet nous avons affaire  à un Président qui n’a jamais su se positionner en tant que dirigeant de la nation et dont les hésitations et extravagances ont contribué à discréditer totalement son propre statut au point qu’une grande partie de la population ne le reconnaisse même plus comme leur chef d’Etat. C’est là un point de divergence avec une ancienne analyse personnelle ; je ne dirais plus qu’il a discrédité la fonction présidentielle mais plutôt qu’il l’a abandonnée en rase campagne ; il a tout simplement cessé de porter le costume. C’est là son erreur. Il pense que le titre lui suffit et ne se rend  toujours pas compte qu’il y a un décalage frappant entre jouer le rôle et l’incarner ; il mime la fonction mais peu de citoyens y croient encore. Le roi sort à la rencontre de ses concitoyens se croyant paré du plus beau vêtement et de la plus solide armure symbolique mais  c’est finalement sa nudité qui est révélée.  Il avait pourtant commencé à  se hisser lui-même en parole à un niveau presque sacré, l’utilisation du terme « jupitérien » en était une belle démonstration. Un début de quinquennat qui frôle déjà le comique par son excès. La première étape de son abandon de fonction, selon moi, a été l’entrevue accordée à Messieurs Plenel et Bourdin  en 2018 ;  comment espérer sortir grandi d’un échange où la soi-disant plus grande autorité de la Nation se fait rabrouer comme un enfant par ces deux journalistes ? Les séquences se sont ensuite accumulées comme autant de crachats symboliques à la figure du premier représentant de la France : la fête de la musique le 21 juin 2018 à l’Elysée qualifiée de « très insolite » par RT france[2], et c’est le moins que l’on puisse dire… danses lascives réalisées par des danseurs en talons hauts sur le perron de l’Elysée et cliché immortalisant cette séquence avec le visage souriant du président entouré d’artistes vêtus de maillots résilles[3]… Nouvelle étape, nouveau cliché, à Saint-Martin : plus grand sourire, une proximité physique assumée, moins de vêtements et un doigts « d’honneur », cela se passe de commentaire[4]… Toujours des photographies, cette fois-ci lors du retour triomphal de l’Equipe de France de football avec le « dab » de Macron et l’un des joueurs qui « prend sa place » dans le fauteuil d’un bureau de l’Elysée[5]… Et que dire du challenge électoraliste pitoyable avec les youtubers Mac Fly et Carlito dont le principe même m’a écoeuré ? Sur ce point je l’avoue je n’ai même pas osé regarder les images[6]. A noter d’ailleurs que ce pseudo président instrumentalise le palais de l’Elysée sous toutes ses coutures pour ses opérations de communication : sur le perron, dans les bureaux, dans les jardins… et toujours de manière « disruptive » donc peu en accord avec la sobriété de rigueur habituellement…. Il opère à une forme d’appropriation malsaine du lieu comme pour prouver qu’il en est bien le locataire contrairement aux apparences. Et on ne parle ici que de « réjouissances », c’est bien pire lorsque s’affiche dans les paroles tout le mépris du locataire de l’Elysée pour sa propre population, je ne reviendrais pas ici sur toutes les petites phrases qui ont émaillées le quinquennat, je préfère évoquer la plus récente qui a pu contribuer à faire perdre ses nerfs à Damien Tarel. Un échange incroyable s’est déroulé au début du nouveau Tour de France du Président ; rappelons d’ailleurs que la fin du dernier Tour avait coïncidé avec l’émergence du mouvement des Gilets Jaunes. Revenons à la période récente, lors d’un échange avec un de ses électeurs lui demandant des comptes concernant la CSG il a ces premiers mots après avoir tenté de démontrer que les mesures prises étaient à son avantage : « vous êtes quand même gonflé », premier serrage de dent pour beaucoup d’auditeurs. Et il ne s’est pas arrêté là, beaucoup de médias pour illustrer des échanges « toniques » se sont arrêtés à ces quelques paroles, la suite était pourtant bien plus intéressante et révélatrice de l’état d’esprit de notre dirigeant, il osa lâcher à son interlocuteur : « vous vous êtes tordu » comme nous pouvons l’entendre dans le Billet politique de Frédéric Says du 4 juin 2021 à 2 min 53[7]. Une insulte en bonne et due forme, adressée quelqu’un qui a voté pour lui par le passé. Difficile de savoir si cela résulte d’une incapacité à interagir normalement avec un citoyen extérieur à son milieu, et quand bien même, je pensais qu’il y avait une règle d’or, que seul Sarkozy avait brisée avec son fameux « casses-toi pauvre con », une norme immuable qui régissait les rapports directs entre politiques et électeurs et surtout Président et citoyens : jamais un élu n’insultait directement et volontairement un de ses interlocuteur, surtout pas un électeur potentiel et encore moins quelqu’un lui ayant déjà offert sa voix. Nous les savons tous capable de mensonges, de fausses promesses, de mauvaise foi, de renoncements, de double langage, de langue de bois, de dissimulation, de mépris… mais je pensais qu’il y avait au moins cette digue de l’absence d’insulte qui permettait au citoyen manipulé de garder sa conscience tranquille en se persuadant à tort que ces politiques pensaient tout de même à eux.   Comment espérer gagner le respect dû normalement à sa fonction en étant l’agresseur verbal, celui qui perd son sang-froid, qui se frappe seul d’indignité alors que le vis-à-vis garde, compte tenu de la situation, une certaine mesure dans les propos ; notons tout de même une réponse bien sentie : « plus tordu qu’un politique c’est pas possible ». N’importe quel conseiller politique aurait pu le mettre en garde en des termes plutôt fleuris, pour rester dans le ton de l’échange : « fais gaffe quand même à dire des conneries pareilles, tu risques de t’en prendre une ! ». C’est à se demander si notre président n’a pas toujours évolué depuis sa plus tendre enfance au- dessus du reste de  ses contemporains : jamais l’expérience de coups  donnés ou reçus lorsque le degré d’irrespect est insupportable, pas d’échange avec des camarades de récréations qui se termine en pugilat pour une parole qui blesse la fierté au plus profond, jamais de rencontre sportive ou l’honneur bafoué conduit au geste sanctionnable, jamais de fin de soirée ou le mot de trop et la sensibilité exacerbée conduisent à l’explosion physique. Pourtant il est des réflexes humains inscrits dans l’inconscient qui peuvent se révéler dans les moments de grande tension, cette forme d’instinct de survie de la fierté personnelle que les normes sociétales et la culture apprise ne peuvent pas toujours dompter. A mon tour de donner un conseil amical à tous les politiciens, éditorialistes et autres intellectuels de plateaux télé : mesurez tout de même vos paroles car beaucoup de français sont sur les nerfs et les petits commentaires désobligeants, le mépris à peine voilé ou les leçons données dédaigneusement sont autant de petits mots bien choisis (je vous reconnais ce talent) qui sont reçus comme les pires insultes. Bien sûr il ne s’agit pas d’appeler à la violence physique mais simplement d’être conscient qu’elle surviendra inexorablement ; la question n’est finalement pas de savoir comment cette gifle a bien pu se produire mais plutôt de se demander pourquoi elle n’est pas survenue plus tôt. 

 

   Il y a d’ailleurs, ce qui me semble être, un défaut d’analyse majeur de la part de beaucoup de commentateurs traditionnels lorsqu’ils avancent à l’unisson qu’attaquer le Président c’est attaquer la République, c’est vouloir détruire la démocratie. A mon sens ce sont là des explications caricaturales et convenues qui visent à frapper les esprits en s’évitant un effort de réflexion centré sur les causes profondes du problème.   La plupart du temps il s’agit en fait d’une attaque devenue tout à fait personnelle car c’est bien l’individu lui-même qui est visé et pas du tout ce qu’il est censé représenter ; d’ailleurs nous l’avons vu précédemment, il a été lui-même le fossoyeur de sa fonction . Nous avions entendu les mêmes commentaires lorsque la porte du ministère de Griveaux avait été enfoncée par des Gilets Jaunes à l’aide d’un engin de chantier[8]. Le porte-parole du gouvernement  avait lui-même déclaré : «Ce n’est pas moi qui suis attaqué, c’est la République ». Non, non, non Monsieur Griveaux, c’est bien vous qui étiez visé personnellement après nombre de sorties médiatiques insultantes visant à discréditer tout le mouvement de contestation aux yeux de l’opinion. Une question qui se pose : entre un individu qui profite de son poste au sein de l’institution pour protéger ses propres intérêts, pour mépriser inlassablement ses concitoyens, pour détourner voir souiller tous les symboles de la République dans de piètres tentatives d’embellissement de son image personnelle et celui qui laisse exploser sa frustration et son sentiment d’impuissance envers la personne qu’il tient directement pour responsable, qui œuvre le plus à la destruction de la République ?  

      Le cas de la gifle macronienne permet de mettre en valeur ces soubresauts de l’Histoire qui marquent brutalement la rupture totale entre élite associée à leurs suiveurs (en majorité  membres de la classe moyenne supérieure satisfaits de leur situation et fervents admirateurs) et citoyens « lambdas » conscients de l’escroquerie en marche. Les premiers choisiront toujours en dernier recours d’en appeler au respect de la République, de la Démocratie pour sauver de la noyade des dirigeants qu’ils savent totalement défaillants mais qui gardent leur assentiment car ils garantissent la préservation de leur position sociale et financière ; les seconds eux commencent à bouillir de rage avec le risques de multiplication des actions violentes à mesure que les injustices s’accumulent, que le mépris se fait plus cinglant et que les stratégies rhétoriques de préservation se font plus grossières. Les premiers condamnent par slogans sans compréhension, les seconds comprennent bien et sont de plus en plus tenter d’approuver les actes violents par dépit.

 

     Avouons tout de même que certains analystes apportent un peu de nuance. Leurs interventions sont bénéfiques et même indispensables car elles contribuent à faire baisser le niveau de pression instantanément, de véritables soupapes de sécurité. Ainsi j’ai apprécié la mesure de Monsieur Dominique Reynié qui  a débuté son intervention dans les matin de France Culture le 09 juin 2021[9] en parlant « d’une forme de tension croissante », il évoque aussi une « désintermédiation » et avance : « il n’y a plus de médiation reconnue, d’ailleurs le procès se porte contre les médias, contre les politique ; ce sont les réseaux sociaux d’un côté, moi ce que j‘appelle des formes de populismes qui sont le refus des partis, le refus de la représentation nationale élue au sens de l’antiparlementarisme, « désintermédie » dans une société qui ne sait plus faire fonctionner ces médiations que ce soit sur le plan des partis politiques, sur le plan de la vie parlementaire ou même sur le plan médiatique. » Analyse qui me semble juste, je regrette cependant que les mots tels que « procès », « populisme », « antiparlementarise » fassent porter la charge de la « tension » sur les épaules des concitoyens sans que le rôle justement des parlementaires et de l’institution ne soient questionnés. Selon lui nous avons assisté à « une sorte d’émotion collective, comme une unanimité dans la condamnation, une forme de tristesse, de colère à voir des comportements comme celui-là et donc c’est peut-être aussi le moment ou la communauté citoyenne mesure à quel point il est périlleux de sortir d’une confrontation argumentée et d’une dispute ferme, d’un opposition vigoureuse mais respectueuse, du désaccord, les chemins sur lesquels on peut se diriger, peut-être qu’hier il y a eu une forme de conscience de cela. ». L’opposition se fait jour ici, l’indignation unanime venait bien de la classe médiatique et politique, mais pour ce qui est de mes concitoyens, je ne dois pas avoir les mêmes fréquentations… Combien de fois n’ai-je pas entendu : « c’est bien fait pour lui », « il l’a bien mérité », « il fallait s’y attendre », « ça m’a fait plaisir »… pourtant aucun « révolutionnaire » parmi les auteurs de ces déclarations et même des personnes d’un certain âge qu’on ne peut en aucun cas soupçonner de vouloir mettre à bas la démocratie. Il y a donc là une première divergence majeure, et, en fonction du point de  vue adopté et des personnes sondées, la représentation que l’on se fait de la réaction populaire change du tout au tout ; ainsi les solutions proposées avec deux énoncés différents ne pourront jamais être les mêmes, l’une ou l’autre des parties se verra forcément mise de côté… 

    Maintenant, toujours avec Dominique Reynié, intéressons-nous au « profil » du jeune homme auteur du coup. De manière très à propos, il choisit de ne pas s’aventurer sur une analyse de la personne mais parle « des anomalies nombreuse, c’est-à-dire au fond le résultat de ce que j’appellerai une désinstitutionnalisation de la politique, donc on a comme ça des  individus qui flottent avec des liens plus ou moins forts dans des systèmes de réseaux qui font sens pour eux-même, peut-être font sens aussi quand on en regarde la construction, la structuration (…) manifestement on a aujourd’hui des individus qui ne sont plus pris par des idéologies construites, ne sont plus dans les réseaux de mobilisation partisane ou syndicale, ne sont plus associés à des mouvements de types sociaux, structurés et donc sont livrés à eux-mêmes et au fond se mettent en relation avec les autres largement par des réseaux sociaux .»

Un constat tout à fait crédible sans pour autant que soient évoqués les abus des élus, la corruption et les scandales en tout genre ayant éclaboussé la classe politique ou encore la trahison des décideurs syndicaux envers leur base, les partis politiques qui foulent aux pieds régulièrement les fondements idéologiques de leur propre formation. J’aurais aimé qu’on ne laisse pas croire que les citoyens seraient « capricieux » ou ne comprendraient pas certaines subtilités idéologiques hors de leur portée… une trop grande neutralité dans les propos sert parfois de marchepieds à la caricature facile ponctuellement  efficace mais contre-productive dans l’analyse plus globale d’un phénomène. Belle illustration avec le commentaire d’un autre intervenant, Mathieu Suc, analyste des mouvements d’ultradroite qui fait même un parallèle malheureux avec le djihadisme. Il évoque pêle-mêle la « fachosphère », le complotisme, l’antisémitisme, les attentats contre les loges maçonniques et parle d’attaque contre « toutes les sphères supposées incarner le pouvoir politique ou philosophique ». Mélanie Gourarier vient quant à elle faire le lien avec le « masculinisme » sur lequel rebondit Monsieur Suc pour mettre en avant l’antiféminisme. Sans doute n’était-ce pas la volonté initiale, cependant, rapprocher l’acte commis de tous ces qualificatifs peu amènes c’est prendre le risque de faire l’économie d’une réflexion sur les causes profondes touchant la société dans sa globalité. Dès lors, comment espérer que la fracture peuple-élite puisse être réduite ?

La conclusion de Monsieur Reynié est pleine de lucidité : « cette désinstitutionalisation fait rentrer le recours à la violence (…) c’est un signe de plus que nous allons avoir d’autres manifestations violentes sous d’autres formes dans d’autres champs… ».

 

Une gifle électorale monumentale, quand « l’absence » effraie autant que l’agression directe.

 

    J’entends par « absence » l’abstention massive ayant touché les élections régionales et départementales les dimanche 20 et 27 juin 2021 (66,7% et 65,3%). Une gifle monumentale à toute la classe politique avec une mention spéciale pour la Bérézina du parti présidentiel. Deuxième revers en moins de 15 jours pour Macron et pas de la main cette fois-ci… Du jamais vu : cinq ministre éjectés dès le premier tour dans les Hauts de France et surtout le « fort en gueule » Dupont-Moretti qui s’est vu rabattre le caquet.  Abstention qui a donné naissance à un flot de nouveaux commentaires de la part de la caste médiatique traditionnelle. Mêmes mécanismes que ceux évoqués précèdemment à ceci près qu’a moins été évoqué une attaque contre la démocratie ou la République (heureusement…) qu’une fragilisation de celle-ci. Il y a toujours quelques « champions » pour oser condamner la supposée inanité, la bêtise, la fainéantise des électeurs ou pour remettre sur la table la tarte à la crème du vote obligatoire, mais reconnaissons tout de même une certaine inflexion dans les discours avec l’évocation de plus en plus marquée d’un problème systémique, d’une critique enfin ouverte du mode de votation, d’une crise de la représentativité. Cependant la réflexion s’arrête à ce stade. Tout au plus entend-t-on quelques mentions d’une évolution nécessaire vers plus de proportionnelle pour l’élection des députés, une évocation à demi-mots de la reconnaissance du vote blanc et, surtout, aucune référence au Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). En somme, ils passent tous à côté du nœud du problème, les Gilets Jaunes l’ont pourtant crié haut et fort depuis les premières manifestations et tout au long du mouvement. Mais peut -être faut-il encore un grand débat pour éviter de reconnaitre l’évidence ?

     Pour illustrer ces angles morts de la réflexion de nos « maîtres à penser » je me suis concentré sur l’intervention radiophonique de Sophie Braun et d’André Comte-Sponville dans une nouvelle matinale de France culture le 23 juin 2021 sur le thème : « Santé mentale : la tentation de l’auto-confinement. »[10]. Lorsque le débat se recentre sur l’abstention, le philosophe explique : « c’est évidemment une triste nouvelle, il ne faut pas non plus exempter les citoyens de leur responsabilité. Je ne doute pas que les politiques aient leur part de responsabilité, les journalistes aussi me semble-t-il mais, au fond, c’est la responsabilité de chacun de voter ou pas et il est très déplorable  de voir que deux tiers de nos concitoyens n’ont pas fait l’effort d’aller jusqu‘au bureau de vote. Alors ça conforme quelque chose que moi je dénonce depuis 20 ou 30 ans, c’est-à-dire une espèce de dévalorisation de la politique, vous savez quand j’étais jeune on disait « tout est politique » et la morale était une chose secondaire, une vieille lune ringarde et réactionnaire ; 30 ou 40 ans plus tard c’est l’inverse. Les gens me parlent de morale très volontiers voir étalent leurs sentiments à longueur de journée et plus personne ne s’intéresse vraiment à la politique ; ce sont deux erreurs évidemment. Il était idiot en 68 de croire que la politique pouvait tenir lieu de morale, il est tout aussi idiot aujourd’hui de croire que la morale, l’humanitaire, le bon sentiment puissent tenir lieu de politique. Donc le combat que je mène depuis des années est un combat pour revaloriser la politique et je dis toujours qu’on y parviendra pas en crachant perpétuellement sur ceux qui la font. Je veux dire sur les hommes politiques ; alors ils ont leurs défauts, ça dépend évidemment de quel homme politique on parle, mais enfin rappelons quand même que dans une démocratie, en gros, on a le dirigeant que l’on mérite, c’est nous qui les avons élus et on ne me fera pas croire que la France est un pays formidable de 68 millions d’êtres intelligents qui seraient malencontreusement gouvernés par un quarteron de lâches et d’imbéciles, ça n’est pas vraissemblable vous voyez, et je pense qu’il faut revaloriser la politique, ça suppose le travail de tout le monde y compris des intellectuels et moi j’essaie d’y contribuer ; ça suppose aussi me semble-t-il de la part des médias une espèce de réflexion. Je suis souvent un peu agacé de voir avec quelle suffisance les journalistes font la leçon aux politiques, les prennent un peu de haut alors, qu’entre nous soit dit, les politiques font un métier autrement difficile. Je crois que nous avons besoin de respect démocratique ; alors l’histoire de la gifle est une anecdote mais qui en dit long sur cette espèce de dégradation ».

    Nette impression d’un plaidoyer pour la famille, une critique en forme de réflexe de classe. Les politiciens ne sont pas blancs comme neige mais il ne faudrait pas rejeter la faute sur eux. Ils font un métier bien difficile, se sacrifient pour leurs concitoyens et nous sommes tous très méchants avec eux. Une belle farce qui vise à dédouaner nombre d’élus peu scrupuleux qui agissent le plus souvent en toute impunité. Rares sont les condamnés (Tron, Cahuzac et Balkany par exemple) souvent plusieurs années après quand ils ne sont pas capables de faire trainer les affaires durant une décennie. L’un des plus beaux exemples en est le jugement de  l’arbitrage dans l’affaire Tapie. Christine Lagarde en 2007, alors ministre de l’économie de Sarkozy, ordonne une procédure d’arbitrage qui se solde par 403 millions d’euros octroyés à Bernard Tapie… En 2011, la Cour de justice de la république est saisie pour déterminer si Lagarde a privilégié les intérêts de  Tapie à ceux de l’Etat. En décembre 2016 elle est reconnue coupable de « négligence » dans cette affaire… mais dispensée de peine[11]. Entendre ce genre de défense et les remontrances qui l’accompagnent envers nous contribue à dégrader encore un peu plus la relation qui désunit élus et électeurs. Heureusement, il n’a pas été jusqu’à nous rendre coupables des mensonges des hommes d’Etat, quoique… c’est sans doute pour notre bien et pas du tout pour leur intérêt personnel. Il est bien temps de nous reprendre, soyons plus compréhensifs, plus reconnaissants, en somme plus serviles. Et si l’un d’eux dérape c’est sans doute que la pression qui s’exerce sur lui est indécente donc plaignons-le au lieu de nous plaindre ! 

      Heureusement certaines analyses me paraissent plus objectives ; la réflexion de Sophie Braun en est la preuve : « un des éléments fondamentaux est un sentiment d’impuissance. (…)  Pourquoi est-ce que les gens ne votent pas ? Parce qu’ils ont le sentiment que cela ne servira à rien. A quoi bon  et il faudrait que l’on s’interroge beaucoup plus sur les causes de cet « à quoi bon ». Parce que, que produit ce sentiment d’impuissance ? Cela fait deux choses à l’extrême : d’un côté, ça donne des révoltes qui peuvent devenir assez violentes pour des gens qui ont encore ce sentiment de pouvoir quand même un tout petit peu se révolter, et de l’autre côté, ça donne le repli sur soi important, le repli sur soi des gens qui vont rester au lit parce que ça ne sert à rien. Je crois que le taux d’abstention qu’il y a eu révèle à quel point le sentiment d’impuissance est devenu fort chez nos concitoyens ; et si nous ne commençons pas à avoir une réelle réflexion non pas sur comment on va voter, s’il faut ajouter telle ou telle modalité ; c’est par la question je crois : comment est-ce qu’on peut faire aujourd’hui pour sortir les individus  de ce sentiment d’impuissance, ça c’est le chantier qui va être fondamental au 21ème siècle. Sinon, je crois que nous allons vers des risques de catastrophes. Les gens s’individualisent, ils ont le sentiment d’exister de plus en plus et d’avoir des droits évidemment de l’autre côté il faut qu’ils aient des devoirs mais aussi, il faut que nous respections cette individualité. C’est-à-dire, qu’il y ait réellement des pouvoirs qui soient donnés aux individus et qu’ils aient le sentiment de puissance sur le monde. Sinon, et moi je vois beaucoup de patients arriver avec ce sentiment d’impuissance, des angoisses qui favorisent ces sentiments d’impuissance : de toute façon la crise écologique, de toute façon le chômage, de toute façon il n’y a plus de possibilité et le Covid est venu ajouter à ça. Que fait-on quand on se sent complètement impuissant ? » 

C’est un constat qui me parait très pertinent mais qui n’est toujours pas accompagné des réponses centrales que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. Est-ce la peur de se trouver poussé hors des sentiers intellectuels habituels ? Une forme d’autocensure comme instinct de survie médiatique ? Pourtant je ne peux croire que des idées aussi simples ne puissent atteindre leur raison. Reconnaissance du vote blanc, Assemblée constituante, RIC ; autant de « gros mots » sortis d’office du dictionnaire des élites. Trop connotés Gilet Jaune, populiste, nationaliste ou gauchiste… Et pourtant ce sont les seules réponses qui peuvent éviter un effondrement de notre démocratie, la seule manière de regagner un semblant de confiance. Mais en quelle langue leur expliquer ? Tous les « think tank » les plus réputés ne pourront pas nous aider ; ces milieux académiques politiques, médiatiques, s’ils se rendaient à ces idées auraient l’impression de sacrifier une part trop importante de leur pouvoir de prescription. Les citoyens ne maitriseraient pas les sujets, ils voteraient mal, ils ne feraient pas preuve de discernement… Et bien ce n’est pas la question, il s’agit de décisions communes, de faire appel à une réelle intelligence collective. Dès lors, plus de sentiment anti gouvernemental possible ou alors de moindre intensité car on ne pourra imputer à personne en particulier le poids d’une décision. Je pense sincèrement que ce serait un facteur d’apaisement social. Mais il est vrai qu’avec une telle configuration, le gouvernement actuel se verrait « renvoyé dans les cordes » assez souvent. Notre démocratie actuelle est bien une fabrique de l’impuissance et de la frustration. Dans le cadre de mon activité professionnelle, lors d’une formation sur le « burn-out », un médecin du travail nous a présenté un schéma illustrant la théorie traditionnelle du stress. Une courbe représentait la résistance au stress d’un individu qui évoluait dans le temps selon trois phases : une première phase « d’alarme » avec des soubresauts en réaction aux stimuli extérieurs, suivi d’une deuxième phase de « résistance » pendant laquelle justement la résistance au stress atteint un sommet puis un plateau maximal sur une période plus ou moins longue avant la 3ème phase « d’épuisement » caractérisée par la diminution brutale des capacités de résistance et donc une chute en pente raide de la courbe. Il me semble que l’on peut reprendre ce même schéma et l’adapter au niveau d’un groupe, d’une société, d’un matériau ou d’un système quelconque ; et  mon choix se porte bien sûr sur le système démocratique actuel. La nouveauté et l’euphorie des premiers votes au suffrage universel semblent bien loin, les amendements visant à éloigner les citoyens de la décision politique concrète se sont faits de plus en plus nombreux avec le sommet de la transformation en régime présidentiel qui tient depuis plusieurs décennies parallèlement à l’augmentation du « stress populaire » ; aujourd’hui nous entrons ou sommes déjà entrés dans la phase de l’épuisement avec un système qui ne peut plus résister à l’explosion de la frustration du peuple ; reste à savoir comment se conclura la chute… Oui la démocratie est fragilisée, mais l’élite  qui pense que ceux qui s’abstiennent fragilisent la démocratie devrait revoir sa copie. Il y a bien une inversion des termes, nous ne fragilisons pas la démocratie, nous tentons de vous expliquer que vous la détruisez seuls. Vous la fragilisez et nous réagissons en conséquence en nous abstenant, et c’est un moindre mal.  

 

     Je laisse la conclusion à Monsieur Reynié qui dit, en parlant du vote : « Le sentiment que peut-être beaucoup de nos concitoyens ont aujourd’hui c’est que ça n’a pas d’efficacité véritable, nous sommes plutôt en train de flotter sur un courant et dans une direction que nous ignorons, contre laquelle nous ne pouvons pas aller. (…) Le vote protestataire est l’expression d’un désarroi, un désarroi politique, on ne sait pas comment faire porter ses revendications, on ne sait pas comment recevoir une explication sur le sens de notre histoire, et ces réponses-là ne sont pas apportées. » 

Les questions sont toujours bien posées mais les réponses, selon eux, se font toujours attendre ; et bien, demandez-nous et surtout, écoutez ! 

 

 



lundi 24 mai 2021

La Terre comme corps humain ou le corps humain comme Terre, concept essentiel pour appréhender la dérive actuelle de l’espèce humaine.

    Dans ce développement il n’y a aucune recherche d’exactitude scientifique mais plutôt une tentative d’établir des liens volontairement flous, permettant un vagabondage imaginatif, entre des notions plutôt générales que la logique pure, normalement, ne saurait rapprocher.  

 

     Si le génie se mesure au caractère intemporel de la pensée, l’un de ceux qui en possédait la marque la plus flagrante est bien Léonard de Vinci. Dans Léonard de Vinci, Tout l’œuvre peint aux éditions Taschen, Frank Zöllner nous explique, dans un commentaire de la Vierge aux rochers, qu’un détail « semble illustrer la conception du corps de la terre, c’est à dire de la terre comme un être vivant, conception fréquemment formulée par les auteurs de l’Antiquité et du Moyen Âge, et telle que Léonard l’a lui même thématisée de façon récurrente dans ses écrits ». L’auteur nous explique que dans le Codex Leicester rédigé entre 1506 et 1508 ainsi que dans des manuscrits antérieurs, « Léonard y décrit le cycle de l’eau courant dans différentes veines, sous la surface de la Terre, à la recherche des hauteurs alpines, tout comme le sang dans les veines du corps humain ». En me penchant sur un autre ouvrage de Frank Zöllner associé à Johannes Nathan, compilant les dessins de l’artiste (Léonard de Vinci, L’œuvre graphique, Taschen), j’ai été saisi par certaines similitudes de forme entre les dessins anatomiques des réseaux veineux, les études de plantes et les dessins cartographiques représentant les cours d’eau. Comme s’il avait réussi à représenter des mécanismes et des phénomènes transposables à différentes échelles, que ce soit celle de l’organisme humain ou celle de l’organisation naturelle globale du monde. Une sorte de principe d’harmonie générale insaisissable, une organisation complexe spontanée, une alchimie instinctive qui se manifesterait. L’être humain me semble tenté, depuis plusieurs centaines d’années, d’approcher artificiellement la recréation de l’état naturel. A mon sens, les grandes « réussites » techniques ont été conditionnées par ces tentatives. Cependant, au-delà de la recherche incessante d’objectivation précise de tous les principes naturels pris séparément par les sciences dites « dures » (mathématique avec le travail des proportions ou le nombre d’or par exemple, les lois de la physique universelle ou encore l’étude des réactions chimiques), il peut être intéressant de fonder l’hypothèse de départ de la réflexion sur une acceptation directe de la logique intuitive de Léonard de Vinci. Cela permet de porter un éclairage différent sur l’évolution actuelle de notre société.  

 

Un réseau vasculaire empoisonné

 

  Chez l’homme nous pouvons évoquer un cycle vasculaire associant en continu propulsion artérielle vers les différents organes et retour veineux essentiellement grâce à l’activité musculaire. A l’échelle de notre planète le cycle de l’eau est bien connu avec les stockages en nappes phréatiques, la mobilité permise par le jeu des pressions et des différences de reliefs ainsi que le retour induit par l’évaporation puis la condensation avant que la pluie ne permette de « reconstituer » les stocks. Dès lors comment croire que, lorsque l’on extrait le précieux liquide indispensable à la vie, sans égard aucun pour la reconstitution des stocks, l’équilibre pourra être maintenu longtemps ? Pourrions-nous survivre s’il nous était prélevé plus de sang que notre corps ne peut le supporter ? Au contraire, lors d’hémorragies importantes il est nécessaire d’avoir recours à des transfusions sanguines. A l’échelle planétaire aucun besoin de transfusion liquidienne normalement, s’agissant d’un circuit fermé global, encore faudrait-il ne pas bloquer les flux naturels par des barrages démesurés ou ne pas prélever au-delà des fameuses capacités de reconstitution des écosystèmes. Sinon comment éviter les pénuries ? Sur terre cela se soldera par une absence vitale dans certaines régions avec pour conséquence l’impossible survie des populations ; pour un corps humain une pénurie de sang dans un quelconque organe c’est la défaillance fatale qui entraine par effet domino la mort à plus ou moins long terme. Prenons garde à ce que la défaillance d’une région du globe ne soit pas à l’origine de ce même effet sur le corps terre. 

 

   Intéressons-nous à l’empoisonnement du sang chez un être humain ; dans les cas les plus graves il peut être causé par la présence de microorganismes pathogènes et de leurs produits toxiques dans le sang suite à un petite infection négligée. Le risque est alors que, par l’intermédiaire de la circulation sanguine, ils puissent finir par envahir tout le corps si le système immunitaire n’est plus en mesure de lutter, et conduire au décès. Nous pouvons aussi retrouver dans notre sang un certain nombre de substances toxiques ingérées, liées à l’activité industrielle ou agricole : retardateurs de flamme, PCB (polychlorobiphényles) ou pesticides. Nous savons bien que l’empoisonnement sanguin généralisé aura une issue fatale, pourquoi en serait-il autrement pour l’échelle globale ? Bien sûr le temps de survie sera bien moindre dans un cas que dans l’autre cependant, une agonie, bien qu’elle soit  plus durable se soldera bien par la mort.  

    Le cas des pesticides est particulièrement intéressant car il permet de faire un pont entre les deux corps évoqués. En effet, n’importe quel individu peut retrouver ces substances dans son sang du fait de l’ingestion d’aliments contaminés préalablement, par inhalation directe en cas d’épandages proche des habitations ou en utilisant certains désherbants en tant que particulier. De la même manière la pénétration jusqu’aux nappes phréatiques est possible et la pulvérisation proche des cours d’eau peut directement atteindre ce que j’appellerai le réseau vasculaire de notre planète. Pour un individu, des maladies graves telles que le cancer peuvent survenir ; au niveau planétaire, ne peut-on pas imaginer le risque pour toutes les espèces et le rôle possible dans la mise en danger de nombre d’entre-elles avec les réactions en chaîne compromettant les interactions indispensables entres toutes ?

   Autre exemple frappant : la présence de substances radioactives comme le tritium dans les cours d’eau proches de certaines centrales nucléaires, celle de Chinon par exemple, avec la présence de cet élément dans l’eau potable. Première réaction naturelle à cette nouvelle: l’inquiétude ; cependant, les experts assurent que les seuils autorisés ne sont pas dépassés… autorisés par qui, en se basant sur quels critères ? Mon irrationalité me fait croire qu’il serait peut-être plus sain de n’avoir aucune présence de substances radiocatives dans l’eau pour être certain de ne pas en retrouver dans notre sang…

 

Un recouvrement des surfaces compromettant la thermorégulation

 

Le tissu cutané est l’organe de notre corps ayant la plus grande surface et il joue un rôle indispensable dans le processus de thermorégulation. Par le jeu des échanges liquidiens, il permet à notre température de se maintenir à un niveau garantissant l’homéostasie du milieu interne et le fonctionnement normal de notre organisme malgré les changements environnementaux, que ce soit en termes de température externe ou d’intensité de l’activité physique. Un bon exemple reste la sudation qui correspond à un rejet de liquide visant à faire baisser la chaleur interne causé par l’augmentation de l’activité de l’organisme. L’interface entre la peau et l’environnement extérieur est donc primordial ; on peut aisément imaginer la défaillance générale de notre machinerie interne que pourrait engendrer le fait de recouvrir tout notre corps d’un tissu totalement imperméable en épousant les moindres reliefs. Plus de sécrétion possible, plus de baisse de température interne et au final une surchauffe généralisée. Il est d’ailleurs coutumier, en cas de grosse chaleur, de s’appliquer de l’eau fraiche au niveau de la nuque et du front ce qui correspond tout simplement à un refroidissement de la commande centrale (notre cerveau).

Pour la Terre dans son ensemble, nous pouvons considérer que l’eau reste bien le principal facteur de thermorégulation nécessaire au maintien d’une homéostasie indispensable à la vie. Les glaciers aux pôles, le jeu des pressions et dépressions en profondeur ou dans les hauteurs… autant d’états et d’espaces savamment organisés. En faisant preuve d’imagination, nous pourrions comparer la surface terrestre à notre tissu cutané qui, par l’alternance entre absorptions et rejets, garantit les conditions de développement de ses excroissances végétales. Dès lors, la « bétonisation » du monde, avec le recouvrement de terres agricoles et la destruction d’espaces forestiers pour de grandes constructions (aéroports, centre commerciaux, parkings…) sont des motifs d’inquiétude certains. Lors des grandes chaleurs estivales, il est d’ailleurs facile de noter les différences entre espace à la campagne avec habitations entourées de verdure et espace de grande concentration urbaine. En ville la chaleur semble « piégée » durant la journée et, la nuit, alors que cette prisonnière devrait laisser place à plus de fraîcheur, elle en profite pour s’échapper.  Il n’est pas rare de sentir une forme d’étouffement, comme si béton et bitume rejetaient l’accumulation du jour et que leur respiration se faisait au prix de la nôtre. Au contraire, pour qui a la chance d’habiter aux abords d’une forêt « pas trop mutilée », l’expérience de la nuit lors d’une canicule peut être une délivrance, comme si la terre, les herbes, les arbres profitaient de l’absence du soleil pour soigner son agression ; d’ailleurs, en journée, ils ne chôment pas pour autant et il n’est pas d’ombre plus fraîche que celle d’un arbre vivant. 

Il me semble dangereux de remplacer la perméabilité de la terre par l’imperméabilité de ces constructions toujours plus étendues ; par ailleurs, aussi complexes soient-ils, ce ne sont pas les systèmes d’écoulement des eaux ou les climatisations qui permettront la régulation ; ils restent autant d’artifices qui remplacent maladroitement et de manière incomplète la nature par essence rompue à l’exercice. C’est une perte de fonction évitable remplacée par des organes artificiels plus fragiles car non régis par l’énergie universelle naturelle. Si votre condition personnelle vous donnait le choix entre s’accorder des temps de repos plus fréquents pour conserver un cœur fonctionnel toute sa vie durant et continuer à avoir une activité frénétique grâce à la pause d’un pacemaker, que choisiriez-vous ?  Bien sûr il est impensable de ne pas prévoir l’augmentation du nombre d’habitations pour une population mondiale sans cesse grandissante, cependant, un travail d’adaptation pourrait être fait et il alimente déjà la réflexion de nombre d’acteurs du secteur de la construction pour ce qui est des matériaux à utiliser, la tailles des espaces consacrés, et l’équilibre entre espaces construits et espaces naturels complémentaires conservés. Mais encore faudrait-il que la majorité soit convaincue de l’utilité de ces démarches et que nous ne sombrions pas dans une logique caduque de techniciens qui choisiraient d’aider un patient déjà intubé en creusant d’autres orifices à la surface du corps. Ne penser qu’à l’amélioration par les nouvelles inventions c’est mettre la Terre comme un corps sous assistance respiratoire. 

 

Une destruction des organes respiratoires

 

 Revenons sur l’expression : « le poumon vert de la planète » déjà évoquée dans un texte précédent mais qui prend ici tout son sens. Nous parlons bien des grandes forêts de la Terre et particulièrement de la jungle amazonienne qui fixent le C02 et produisent le dioxygène grâce à la photosynthèse. C’est dans un effet de miroir inversé par rapport à nos propres poumons, fixant l’O2 et rejetant le CO2, que la connexion devient magnifique, et se fait jour une forme de complémentarité poussée à l’extrême. Malheureusement, le fléau de la déforestation dévaste en ce moment même le principal organe respiratoire planétaire et donc, par extension, les nôtres se trouvent en sursis. Certaines études avancent même que la forêt amazonienne, du fait de l’activité humaine (barrages, incendies, développement de monoculture ou d’élevages intensifs) rejetterait autant de gaz à effet de serre qu’elle n’en absorbe. On assiste peut-être à une détérioration extrême de la fonction même de ces écosystème complexes, une forme d’empoisonnement évitable. En imaginant que nos poumons commencent subitement à capter autant de CO2 qu’ils n’en rejettent, je vous laisse imaginer les conséquences à court terme. Comme si notre propre comportement, malgré les mises en garde, continuait à mettre en danger l’intégrité de notre organisme et pouvait entraîner  une perte de fonction compromettant notre survie. L’exemple de la cigarette semble tout trouvé, il est facile d’entendre qu’un jeune en « bonne santé » puisse être sourd aux recommandations, mais serions-nous aussi compréhensifs si une personne atteinte d’une broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou d’un cancer du poumon continuait à fumer ? Notre Terre semble donc malade mais c’est à nous-mêmes que les recommandations doivent s’adresser car, même s’il est difficile de prévoir les réelles conséquences de mesures prises à partir de maintenant, une chose est sûre, il est indispensable d’ôter la cigarette de la bouche du malade, à moins que nous soyons certains qu’il n’y a plus rien à faire pour lui.

 

Des réactions violentes et incontrôlables comme symptômes de la maladie

 

Comment réagit notre corps aux stress multiples, aux agressions extérieures (plaies, chocs, températures hautes ou basses…) et intérieures (infection, déshydratation, hémorragies…) ? Par l’apparition de premiers indices de mal-être et par des soubresauts multiples, signes d’une lutte acharnée pour combattre le mal et retrouver l’équilibre par tous les moyens : céphalées, sécheresse de la peau et de la bouche, système immunitaire qui se met en branle pour annihiler un virus, augmentation de la température interne, apparitions de ganglions lymphatiques, coagulation sanguine pour la cicatrisation, évacuation liquidienne dans un but d’assainissement… Pourquoi en serait-il autrement du corps Terre ? Sécheresse, canicules, tempêtes de plus en plus violentes, risques d’éruptions volcaniques, fonte des glaciers… C’est là le drame le plus important. Au-delà d’une évolution naturelle, nous pouvons considérer que l’Homme n’est pas totalement étranger à l’apparition de ces stigmates. Le cas des séismes est particulièrement frappant. Nous savons que nombres d’entre eux sont d’origine humaine (activité extractive intensive) nous pouvons y voir une forme de frisson comparable à la fébrilité d’un corps soumis à une blessure si profonde qu’elle engendrerait un déséquilibre interne pouvant aller jusqu’au choc septique fatal. Il est pourtant évident que lorsque le corps s’emballe, la guérison dépend, entre autres, de deux choses primordiales que sont le repos et encore plus le sommeil, véritable facteur de régénération. En cas de forte fièvre, de fracture ou de blessure profonde, ne serait-il pas inconscient de démarrer un marathon ? C’est pourtant cette course interminable qu’a débuté notre planète sans que personne n’ait de considération pour ses lésions multiples. Comme pour tout organisme, il est question de limites et nous pouvons toujours chercher à les atteindre, et même à les repousser ; une bien belle idée, un mythe aveuglant érigé arbitrairement en vérité naturelle, mais comme pour tout organisme, il est des limites qu’il ne faut surtout pas franchir. 

 

Quel rôle pour l’être humain ? Organisme en symbiose avec le milieu, acteur du système de défense ou moteur de dégénérescence ? 

 

     Imaginons que tous les êtres vivants, les êtres humains n’échappant pas à la règle, soient l’équivalent pour la Terre de certaines cellules ou organismes microscopiques indispensables au développement d’un corps humain.

     Comme les anticorps de notre organisme, nous pourrions apparaitre comme des acteurs de l’organisation d’un système de défense du corps Terre, œuvrer à la préservation de notre habitat, à la conservation des espèces indispensables au maintien des écosystèmes, à la réduction des agressions directes, à la diminution des facteurs de stress… cependant cela demande une remise en cause radicale de notre mode de pensée, de toutes les normes économiques productives à l’origine de l’organisation de notre société et de l’interaction entre les différentes nations. 

     Un autre parallèle est possible avec le microbiote intestinal, cette « communauté » de bactéries, qui œuvre en symbiose avec leur organe hôte à son bon fonctionnement. Ces microorganismes ont des rôles primordiaux : aider à la digestion des aliments, donc à la transformation des structures pour les rendre utilisables par l’organisme dans son ensemble ou éliminables si inutilisables (sous forme de déchets organiques), « faire  barrière » aux bactéries potentiellement dangereuses pour la santé et enfin œuvrer au développement du système immunitaire déjà évoqué en réunissant les conditions optimales d’accueil des cellules immunitaires. Pour notre monde, nous pourrions collectivement faire de nouveaux choix en termes d’habitation, d’agriculture, de transport afin de garantir à la fois notre vie dans les meilleures conditions tout en améliorant certains indicateurs environnementaux. Un très bon exemple ici est celui des forêts jardin : c’est-à-dire la mise en place, en harmonie avec un milieu naturel existant, d’une forme de culture vivrière respectant la configuration des lieux et même en concourant au développement de celui-ci. Une idée révolutionnaire pourtant ancienne qui permet à la fois d’assurer notre vie tout en soignant le corps Terre : une réciprocité des bénéfices, essence même de la symbiose d’un organisme avec son milieu. D’ailleurs, faire barrière aux pratiques néfastes devrait aller de soi, et certains citoyens le font quotidiennement : lutte de terrain contre la construction d’aéroports, contestation de la transformation de certains lieux en poubelles radioactives, actions en justice contre d’autres projets insensés (destruction de terres agricoles pour établir des centres commerciaux par exemple) ; malheureusement ce rôle de cellule immunitaire humaine est loin d’être une priorité pour la majorité des concitoyens et l’ampleur de la tâche est immense pour faire face à l’aveuglement pragmatique de notre classe politique dirigeante. 

     Certains microorganismes ont donc une action profondément bénéfique ; à l’inverse, certaines cellules peuvent être dysfonctionnelles et entrainer par réaction en chaîne une dégénérescence accélérée et parfois irréversible de l’organe de résidence. Ici, plus question d’aider au développement, d’accompagner l’action, de préserver le rôle mais plutôt d’entraver, de rétrécir les capacités, de compromettre les moyens jusqu’à la rupture. Le cas des cellules tumorales est particulièrement intéressant : une action désynchronisée de l’organe qui peut être à l’origine du développement de nouvelles structures totalement indépendantes qui siphonne l’énergie vitale au détriment du fonctionnement global. Un espèce d’égoïsme naturel, une cohérence propre qui peut coloniser et « organiser » la défaillance des organes proches avant la propagation fatale au reste du territoire organique. Le cas des maladies auto immunes permet de retrouver certains de ces principes avec une cellule dont le détournement de fonction conditionne une action totalement contre productive ; ici, pas de symbiose avec le milieu mais au contraire une opposition totale, une perte  de repères, une inversion des rôles pour celle qui devrait assurer la survie mais qui en est réduit à précipiter la mort.

     Dès lors comment appréhender de manière plus objective encore le rôle des humains ? Je reprendrai ici l’image du parasite, cet « organisme animal ou végétal qui vit aux dépens d’un autre, lui portant préjudice, mais sans le détruire » (Le Petit Robert 2013), et je rajouterais « pour l’instant » dans notre cas. Il assure donc sa survie par la consommation et la destruction des ressources du corps occupé. Un bon exemple reste cette lubie de la « conquête de Mars ». Une logique fondamentalement parasitaire : la Terre ne peut plus assurer les besoins de l’Homme et il s’agirait de trouver un autre hôte pour commencer un nouveau cycle de vie. Une logique pourtant totalement illusoire reposant sur une hypothèse plus que contestable. Certains scientifiques tirent déjà la sonnette d’alarme concernant des facteurs rendant impossible la réussite de cette entreprise : rayons cosmiques, modification de l’ADN consécutif au voyage, ostéoporose, modification des constantes cardio-vasculaires… En somme, une rupture de l’équilibre obtenu par des milliers d’années d’évolution dans notre milieu d’origine. Pourtant, par cette propension tout humaine à la croyance en des récits imaginaires, les convictions deviennent projets puis s’érigent en normes au mépris de toute rationalité. A mon sens c’est une escroquerie intellectuelle majeure que de laisser croire en notre capacité à dominer un environnement si hostile au sein duquel nous ne serions ni plus ni moins que des corps étrangers. De plus, mettre en œuvre cette illusion de conquête conduirait à la destruction totale de notre habitat actuel par la disparition des dernières ressources.  

     Nous pourrions être les anticorps naturels, nous choisissons d’être les virus artificiels.

 

Activité humaine et idéologie, un suicide collectif ?

 

    Il ne s’agit pas de fustiger notre espèce dans son ensemble. Pas non plus de supériorité décrétée sans aucune critique ; je considère que la spécificité, le talent, le pouvoir de l’être humain résident dans sa capacité à choisir, à lutter consciemment contre certains déterminismes. Déterminismes entretenus par des idéologies créées de toute pièce et devenues totalement inopérantes. Aucune fatalité selon moi, chaque individu en tant que cellule ; chacune des collectivités humaines en tant qu’organe, peut choisir son rôle. Seulement, il est nécessaire que réflexion, conscience et raison redeviennent les moteurs de nos actions individuelles et collectives. 

    Il ne faudrait pas non plus imputer tous les maux à l’activité humaine. Pour certains, toutes les idées énoncées concernant l’effet néfaste des activités humaines peuvent être balayées en évoquant l’existence de cycles d’évolutions terrestres inexorables. Un argument qui se défend dans une certaine mesure et qui peut sans doute être étayé scientifiquement ; cependant, il ne faudrait pas que cet argument empêche un moratoire indispensable qui devrait concerner les activités mortifères. Ce mouvement inexorable peut s’apparenter à l’échelle individuelle au processus de vieillissement. Oui, la Terre vieillit et elle s’éteindra un jour. Pour autant y-a-t-il un sens à accélérer ce processus pour précipiter cette fin annoncée ? Par exemple, mon espérance de vie s’établit à 85 ans, je sais donc qu’à un moment ou un autre je devrai tirer ma révérence, et c’est inexorable, n’en déplaise aux illuminés du transhumanisme. Pour autant, ne vais-je pas accorder de l’importance à ma santé ? N’est-il pas sensé d’essayer de vieillir dans les meilleures conditions ? Vais-je être tenté de m’empoisonner  sans freins en ingérant le plus possible d’alcool, en fumant à un rythme effréné ou en cédant au plaisir des drogues dures ? Oui les gains ressentis pourraient être immenses, surtout s’agissant de plaisir à court terme, cependant, la plupart du temps je vais les mettre en balance avec mes capacités de survie et ne pas abuser de certaines substances à moins d’être pris de pulsions suicidaires. Comme à l’échelle de la planète, l’espoir des plaisirs éphémères, d’abondance de produits inutiles, de comblement des désirs… ne devrait pas conduire à risquer la survie de ce corps terrestre dont nous sommes seulement l’une des parties. Plus simplement, je sais qu’un jour, que j’espère le plus lointain possible, mon organisme subira une ou l’autre défaillance fatale, comme par exemple le fait que je ne sois plus capable de respirer et de fournir l’oxygène indispensable ; en sachant cela, je ne vais pas pour autant me mettre un sac en plastique sur la tête pour me priver tout de suite de ce précieux gaz. C’est à mon sens ce qui se déroule actuellement avec notre environnement et cela me semble bien plus grave qu’une forme d’autodestruction individuelle. En effet, qu’une personne choisisse de mettre fin à ses jours d’une manière ou d’une autre, au-delà de la responsabilité que cela représente vis-à-vis de ses enfants s’ils ne sont pas encore autonomes, cela reste un choix qui n’a de conséquence directe que pour elle-même. Ses enfants auront encore leur chance dans cette vie tout comme le reste de sa famille et l’impact sera quasiment inexistant sur la marche du monde. Cependant les activités qui compromettent l’intégrité de notre globe sont autant d’attaques directes contre notre espèce et surtout la condamnation ferme de notre descendance. 

    Oui il y a urgence et j’identifie bien la dynamique actuelle globale comme un suicide collectif de l’espèce humaine avec le risque que nous emportions tous les autres êtres vivants dans la manoeuvre. En plus de la fragilisation et la destruction de notre habitat protecteur et nourricier, nous pouvons noter cette tendance à ne voir notre salut que dans une forme de religion technologiste de l’innovation pourtant énergivore ; le nombre de maladies liées à la pollution et aux produits chimiques de plus en plus graves, touchant des individus de plus en plus jeunes augmente constamment ; les perturbateurs endocriniens qui compromettent le bon développement de nombre d’enfants, la fertilité qui baisse et qui précipite une baisse du taux de natalité et un non renouvellement des populations, les scandales sanitaires touchant l’industrie agroalimentaire avec fréquents rappels de produits contaminés, les accidents industriels de grande échelle dont toutes les conséquences sanitaires ne sont pas encore connues qui s’enchainent… sont autant d’indicateurs qui devraient pourtant faire office d’électrochocs face à cet empoisonnement généralisé.

     Mais je le répète, pas de condamnation de l’être humain dans l’absolu, il pourrait être la solution. C’est pourquoi je me refuse, contrairement à certains, à voir dans le déclin de la natalité une bonne nouvelle. Je reviens donc sur l’aspect démographique qui me parait primordial. A mon sens, une espèce qui décide de voir dans le contrôle et la réduction des naissances son salut est une espèce qui, philosophiquement a intégré sa disparition volontaire et en est le principal instigateur. Je fonde plutôt nos espoirs dans les générations qui viennent, surtout si elles sont capables de ne pas suivre le chemin tracé par leurs ainés. Quel étonnement de voir sur certains plateaux de télévision des personnes d’un certain âge, dont la conscience écologique ne saute pas aux yeux, se réjouir de la baisse du taux de natalité ; et bien moi j’échangerais bien la vie des ces personnes contre n’importe quel nouveau-né avec seulement l’espoir qu’il sera plus raisonnable. Il y a une autre perspective chez certains écologistes qui prônent l’absence de reproduction humaine comme solution ; un non-sens selon moi car les changements ne pourront intervenir qu’avec l’éducation de nos successeurs. A moins de voir dans la population actuelle la seule méritant de profiter d’une vie agréable et durable, un mode de pensée que l’on pourrait résumer par « après nous le déluge ». De plus, ce n’est pas en réduisant le nombre d’êtres humains tout en conservant des modes de vie toujours plus demandeurs en ressources naturelles que l’on changera quoi que ce soit, ce sera tout simplement plus de confort et de plaisir pour moins d’individus avec toujours les mêmes conséquences. Je miserais plutôt sur un seuil de renouvellement des générations toujours atteint, voir dépassé, une attention toujours plus grande accordée aux comportements de chacun et une formation à ces questions dès les premières années d’école. Un changement de paradigme est essentiel : comprendre qu’il est possible de ne pas constamment relier bonheur et plaisir avec abondance et confort ; que l’on peut tout à fait accorder bien-être et sérénité avec utilité sociale et écologique de l’activité, et disparition de la surproduction de biens. 

     Précisons tout de même qu’il ne s’agit pas du tout d’avoir une vision purement utilitariste de l’Homme. Evidemment, tout le monde ne sera pas capable d’assurer sur le long terme une activité manuelle exigeante physiquement, cependant il est question de complémentarité, d’interconnection humaine… que tous fassent en fonction de leurs moyens sans jamais se trouver stigmatisés. Même la personne la plus diminuée, que ce soit par le grand âge ou la maladie sera d’une importance capitale par l’influence qu’elle aura sur son prochain : prise de conscience de la nécessaire solidarité, importance du soin, de la préservation à l’échelle individuelle et collective, de la stimulation du contact avec autrui, de l’altérité vitale à l’ère d’une société numérique qui stimule la mise à distance et le repli sur soi.

    Nul désespoir dans mes propos, tout processus vital a une fin. Il n’y a de vie que parce que la mort est certaine, ce qui est valable à l’échelle la plus minuscule est reproductible au niveau d’une planète. C’est uniquement le temps disponible qui varie, notre cycle humain d’existence étant plus restreint, seule la transmission de valeurs aux nouvelles générations permettra d’accompagner vers la fin le monde qui est le nôtre de la manière la plus sereine possible ; soigner notre Terre c’est lui accorder du temps, nous accorder du temps en tant qu’espèce, prolonger une durée de vie que nous amenuisons sans cesse.  Le rythme productif qui anime nos sociétés occidentales développées est-il tenable encore longtemps ? L’avenir nous le dira sans doute bientôt. 

   

P.M.

 

jeudi 18 mars 2021

Révolte

Bouillonnements intérieurs d'injustices qui nous brûlent

Et l'instinct nous révèle ce qui se dissimule

Le feu de la rage consume même les crédules

Feignant d'ignorer les arrogants funambules


La haine de ces satrapes qui se croient sans pareils

Se pensant les tenants d'un savoir divin

L'ignorance qui serait notre unique destin

Moqués, humiliés mais notre fierté veille


Que le calme se perde dans un accès de colère

Se répand alors le trouble comme unique repère

Désespoir qui nous mène à grands pas au cimetière

Toutes les vitres se brisent plus question de chimères


Les mères pour leurs enfants crieront à la violence

Qu'elle se déchaîne bon sang c'est le moins pour tant d'offenses

Incertain est le sort de ce vital effort

Plus besoin de leçon, c'est cela ou la mort


P.M.


lundi 25 janvier 2021

Discours officiel et propagande médiatique pendant la crise sanitaire.

Quand politiques, spécialistes et journalistes en vue fabriquent une réalité incontestable basée sur l’association de convictions, de croyances et d’incompétence.


    Au 21 janvier 2021 la France est sous le coup d’un couvre-feu à 18h, les théâtres, les salles de concert, les universités, les musées, les bars, les restaurants, les salles de sports… sont tous fermés et les pouvoirs publics viennent de voter la prolongation de l’Etat d’urgence jusqu’à juin 2021. La raison : le virus SARS-CoV-2 responsable de la COVID-19. Les facteurs qui sont toujours mis en avant par les médias et le gouvernement afin de justifier de telles mesures ainsi et le possible 3ème confinement: le nombre de patients contaminés relevés sur base des tests positifs, le nombres de lits de réanimation occupés, l’absence de traitement efficace reconnu officiellement et, enfin, le retard pris par la campagne de vaccination. Nous allons voir que sur tous ces points la transparence n’est jamais de mise quand il ne s’agit pas de dissimulation pure et simple.

 

Une pandémie chiffrée de manière plus qu’approximative.

 

    Tout d’abord, rappelons la difficulté à déterminer le nombre de cas positifs « réels ». Nombre d’articles explique ce phénomène. Dans son numéro du 23 décembre 2020, Le Canard Enchainé révélait, dans un article intitulé « Ces tests qui fabriquent de faux malades », que d’après une étude des laboratoires Biogroup, 63% des patients déclarés contaminés par les tests antigéniques s’avéraient en fait indemnes suite au test PCR de vérification. Et le plus étonnant, Santé publique France reconnaissait qu’un dépisté positif « à tort » reste comptabilisé comme cas Covid… En juin dernier le Parisien révélait aussi l’explosion du taux d’incidence Covid en Meurthe et Moselle à cause d’un produit réactif défectueux. Encore plus incroyable, le journal Ouest France[i] s’est intéressé à un article du New york times du 29 août 2020[ii] où était déclaré que le test PCR consistait à « amplifier la matière génétique du virus par cycle ; moins il faut de cycles, plus la quantité du virus ou charge virale, dans l’échantillon est élevée. Plus la charge virale est élevée, plus le patient est susceptible d’être contagieux» ; le Dr Mina rajoutant qu’il était nécessaire « d’ajuster le seuil de cycle utilisé maintenant pour décider qu’un patient est infecté. (…) Des tests avec de seuils si élevés peuvent détecter non seulement des virus vivants, mais aussi des fragments génétiques, des restes d’infection qui ne présentent pas de risque particulier – un peu comme trouver un cheveu dans une pièce longtemps après le départ d’une personne ». Ce qui permettait d’avancer le fait que « 90% des personnes testées positives ne portaient quasiment plus de virus ». Reprenant ces informations,  le journal Sud Ouest a tenu à faire quelques clarifications en présentant les explications du Médecin généralistes Yvan Le Flohic sur France Info[iii] : « A 33 ou 34 cycles d’amplification, on est encore contagieux. A 36 ou 37 cycles, on ne l’est plus car la présence du virus est trop faible ». Ici on ne peut donc pas parler de faux positifs mais de positifs non contagieux. Malgré ces informations disponibles, tous les médias se contentent d’annoncer quotidiennement le chiffre global du nombre de contaminés sans aucune précaution.            Ajoutons à cela les campagnes de dépistage massif qui semblent lancées en fonction de l’agenda politique ; comment condamner les citoyens qui pourraient y voir une manière de gonfler mécaniquement les chiffres pour justifier des mesures déjà arrêtées ? Dernier exemple en date : Olivier Véran qui annonce un dépistage massif dans les écoles au moment où la menace d’un troisième confinement est de plus en plus pressante. Alors qu’un consensus scientifique est établi sur le fait que les enfants développent des formes virales plus faibles et sont donc moins contagieux, quel intérêt d’aller dépister massivement dans les écoles lorsque l’on connait les écueils des tests PCR ?

  Et ce chiffrage devient encore plus contestable à la lecture d’un article de Nice Matin intitulé : « Pourquoi le nombre de malades entre les données de Santé Publique France et celles des hôpitaux est si différent. Notre décryptage. » [iv]. Rappelons qu’il s’agit de décrire la situation dans les hôpitaux des Alpes-Maritimes, ici pas de place à l’interprétation : « Nous avons constaté des différences majeures concernant les lits occupés mais aussi les courbes des hospitalisations pendant plusieurs semaine cruciales ». S’agissant des hospitalisations pour formes graves de Covid, le constat est encore plus frappant ; ils notent une différence majeure entre croissance constante décrite par Santé Publique France et les constats des acteurs de terrain notant une relative stabilité voire une décroissance. Mais cela ne s’arrête pas là, ils évoquent l’existence de patients en soins de suite qui continuent d’être comptabilisés après disparition des symptômes, ou encore des patients qui arrivent aux services d’urgence avec suspicion de COVID, diagnostic non confirmé et qui ne sont pourtant pas systématiquement sortis des bases. Le constat d’un des acteurs de terrain (de manière anonyme) est sans appel : « C’est un biais terrible, alors que toute la communication est en effet basée sur les chiffres de Santé Publique France. Et la problématique est certainement nationale ». Effectivement, lorsque l’on sait que toutes les décisions du gouvernement concernant les confinements, couvre-feu et autres fermetures de commerces reposent sur un traitement des données aussi peu sérieux, on ne peut qu’être totalement sidéré. Les conséquences sociales et économiques sont si dramatiques que de telles approximations ne peuvent être tolérées. 

    Dès lors comment expliquer la répétition des chiffres gouvernementaux par toutes les chaînes d’information en continue et autres médias dits « traditionnels ». Le travail des collègues est pourtant accessible, il est d’une importance capitale ; malgré tout, la majorité des journalistes ne questionne aucun des comptes rendus des membres de l’exécutif. Ils sont plus occupés à répéter des éléments de langage ou avancer des hypothèses reposant sur des données partiellement erronées. Je me permets donc à mon tour d’émettre quelques hypothèses : soit ils sont d’une incompétence crasse et discréditent totalement l’essence même du journalisme soit ils œuvrent, sans honte comme des organes de propagande de l’Etat en faisant mine de critiquer les mesures prises tout en validant lamentablement le travail de désinformation. Dans les deux cas il est impossible de les excuser. 

     

Des traitements potentiels mis de côté. 

 

Autre point d’une importance vitale, l’existence ou non de traitements efficaces que ce soit en prévention ou dans les stades précoces de la maladie pour éviter les complications graves.

Si l’on en croit le gouvernement, en cas de symptômes Covid, le seul traitement efficace avant d’atterrir aux urgences hospitalières est l’auto-isolement, le doliprane et l’attente. 

Débutons par la prévention, aucune recommandation du gouvernement alors que de nombreux médecins mettent en avant l’importance pour stimuler le système immunitaire des substances telles que la Vitamine D, la vitamine C et le Zinc. La deuxième partie du  documentaire « Mal traités »[v] disponible en ligne depuis décembre dernier met en scène un certains nombres de praticiens faisant part de leur incompréhension face au silence des pouvoirs publics concernant des mesures simples, sans danger, si la posologie conseillée par le médecin est bien suivie, et peu coûteuses. Plus récemment, comme le relate le journal Les Echos[vi],73 médecins spécialistes associés à plusieurs collectifs de médecins ont appelé à supplémenter l’ensemble de la population française en Vitamine D car « Un nombre croissant d'études scientifiques montrent que la supplémentation en vitamine D (sans remplacer la vaccination) pourrait contribuer à réduire l'infection par le Sars-CoV-2 ainsi que le risque de formes graves de Covid-19, de passages en réanimation et de décès ». Pourtant… silence de notre cher ministre de la santé pour l’instant.

    Pour les traitements après survenue des symptômes et en fonction de la gravité avant le stade de l’hospitalisation, si beaucoup de praticiens ont choisi d’observer les recommandations, d’autres sont sortis des sentiers battus. Je ne reviendrai pas ici sur le psychodrame de la chloroquine associée à l’azithromycine qui s’est tout de même soldé par l’interdiction d’un médicament par un ministre de la santé sur les bases d’une étude complètement « bidonnée » du journal Le Lancet. D’autres médicaments ont été largement passés sous silence : l’ivermectine et l’azithromycine (sans chloroquine). J’invite à écouter le témoignage du Docteur Gérard Maudrux sur France soir, ancien chirurgien en libéral et ancien président de caisse de retraites des médecins[vii]. Ils relatent l’expérience de confrère médecins traitants ayant administré ces traitements avec des résultats plus que probants et absence quasi-totale d’hospitalisations malgré des symptômes importants ; pourtant au moment de communiquer ces faits, ils se sont trouvés convoqués par l’ordre des médecins et ont fait face à l’opposition des autorités de santé avec recommandations officielles enjoignant à ne pas utiliser ces traitements. Autre témoignage indispensable, celui du Docteur Jean Jacques Erbstein, intervenant dans le documentaire évoqué plus haut qui a aussi écrit un ouvrage éclairant « Je ne pouvais pas les laisser mourir ! » paru aux éditions Uppercut. Il y relate son expérience personnelle et l’utilisation d’un protocole basé sur l’azithromycine, le zinc et un anticoagulant. Il évoque la récupération d’une de ses patientes de quarante ans remise, après avoir subi des symptômes respiratoires sévères en 48 heures après prise du traitement. Ce praticien est intervenu aussi sur Sud Radio pour revenir sur cet épisode[viii]. A noter qu’aucun de ces médecins ne parle de remède miracle, ils appellent juste à une prise en compte de ces molécules déjà connues comme complément à la stratégie thérapeutique globale. Ainsi l’explique Me Teissèdre avocat au barreau de Montpellier, toujours sur France Soir[ix], qui représente un autre collectif de 500 médecins ayant saisi le conseil constitutionnel pour que soit autorisée la prescription de  l’ivermectine.  Et pour ceux qui seraient tentés d’avancer que France Soir ou Sud Radio ne sont pas des médias « fiables » je leur poserais une seule question : Pourquoi ces médecins qui ne me semblent pas moins dignes de confiance que les autres n’ont pas été invités à intervenir sur les médias de grande écoute ?  Alors que, dans le même temps, nous pouvions voir régulièrement intervenir le professeur Karine Lacombe dans tous  les médias. Elle a tout de même fait, pendant un temps, la promotion du Remdesivir, un médicament reconnu plus tard comme inutile et même dangereux, et pourtant pas de mea culpa, des tribunes dans tous les journaux, des interventions sur tous les plateaux dits « fiables » et, pour couronner le tout la légion d’honneur le 1er janvier 2021… la même qui affirme maintenant sur BFMTV, chez Jean Jacques Bourdin le 20 janvier 2021[x] : «la vitamine D n’est pas un moyen efficace de prévention contre la Covid 19 ». 

   Pourtant, le 12 janvier 2021 avait eu lieu la conférence de presse des représentants de 30000 médecins répartis en plusieurs collectifs annonçant la création d’un comité scientifique indépendant afin de prôner une stratégie thérapeutique différente de celle du gouvernement[xi] et qui me semble bien plus raisonnable. J’aimerais beaucoup que quelqu’un puisse m’expliquer pourquoi je devrais faire moins confiance à ces praticiens sans conflit d’intérêt par rapport à tous ces médecins médiatiques qui se noient, pour leur part, dans des conflits d’intérêts rarement évoqués, ou encore par rapport à nos gouvernants qui ont multiplié les erreurs et les fiascos depuis le début de la pandémie (masques, tests, vaccins).  

 

Vaccin, beaucoup de questions et aucune réponse.

 

   Autre sujet sensible s’il en est : le vaccin. Pour tous les spécialistes intervenant dans les médias traditionnels, pas d’alternative : vaccin, vaccin, vaccin ! Celui qui questionne : un antivax ! Stratégie rhétorique simple, directe, efficace et surtout totalement idiote. 

    Nombre de scientifiques, chercheurs et médecins n’ont pas une idée aussi arrêtée sur la question. Les doutes sont présents et l’incertitude demeure quant aux effets à moyen et long terme. Mais il est vrai que les spécialistes qui doutent sont presque invisible comme s’ils évitaient les plateaux télé ou ils risqueraient leur carrière pour des idées trop décalés par rapport au discours officiel. Je ne me permettrai pas de m’avancer sur cette question très technique et hors de portée pour moi au niveau scientifique. Cependant j’ose cette simple considération : personne n’est capable de garantir quoique ce soit avec ce vaccin ; l’incertitude concernant des effets possibles est totale étant donné la nouveauté de la technique et pourtant beaucoup de ces spécialistes expliquent que la balance coût-bénéfice est clairement en faveur du vaccin. Je dois être trop idiot pour saisir les subtilités, mais, si nous sommes incapables de mesurer les coûts, comment est-il possible d’établir une telle balance ? Cela relève ici, en dernier ressort, de la conviction et même de la croyance.  

    Comme pour les autres questions, pour un profane comme moi, il s’agit donc d’accorder ma confiance ou non à la parole du gouvernant, du relai médiatique ou du spécialiste mis en avant. 

     Commençons par identifier les émetteurs principaux des messages : un gouvernement qui est en train de développer une gestion de crise que l’on peut apparenter à un scandale sanitaire qui s’étire sur plus d’un an depuis le départ surréaliste de la ministre de la santé en exercice Agnès Buzyn début 2020. Le cabinet de conseil Mac Kinsey qui a pour client ce même gouvernement français pour gérer la campagne vaccinale et qui est empêtré dans un scandale sanitaire aux Etats-Unis comme le révèle le site Capital[xii]. Il s’agit du scandale dit des opiacés qui aurait tué entre 300 000 et 500 000 personnes par overdose depuis le début des années 2000 ; l’un des laboratoires impliqués est Purdue Pharma ayant commercialisé l’Oxycontin, « décrit comme un « opiacé tueur » par la presse américaine ». Et bien ce laboratoire était l’un des gros clients du cabinet Mac Kinsey depuis 2008 et toujours selon Capital : « malgré les alertes sanitaires, les consultants du cabinet de conseil auraient aidé le labo à maximiser ses ventes d’opiacés, quitte à contourner les mesures de santé publique visant à en réduire la consommation ». Enfin le laboratoire Pfizer qui a quelques réalisations à son actif avec par exemple dans la fin des années 90 le test d’un antibiotique le Trovan sur 200 enfants au Nigéria. Onze enfants meurent dans la foulée et l’Etat attaque le laboratoire en justice avec un procès repoussé à 2007 comme le révèle jeune afrique[xiii]. Un article de RFI explique que les indemnisations ont débuté en 2011[xiv]. A noter aussi dans Challenges[xv] que Pfizer a dû retirer le Cytotec de la vente en mars 2018 ; il s’agissait d’un médicament antiulcéreux utilisé surtout  en gynécologie pour l’IVG et le déclenchement de l’accouchement à terme et dans ce cas il y avait risque de surdosage pouvant entrainer une déchirure de l’utérus avec possible mort de l’enfant et de la mère. Et que dire de la stratégie commerciale de ce laboratoire, rapportée par FranceTV info[xvi], qui décide de diminuer le nombre de flacons livrés car selon l’agence européenne du médicament il est possible de tirer 6 doses au lieu de 5 dans chaque contenant. Ou encore la menace de retard de livraison qui passe de  3-4 semaine à 1 semaine pour modifier la chaine de production afin de maximiser les capacités de production en Belgique comme le décrit LCI[xvii]. Et tout cela après qu’une attaque de cyberpirates contre l’Agence Européenne du Médicament (EMA), un article de Science et avenir décrit bien la situation[xviii] : quelques mails trafiqués par les « hackers » mais surtout des documents révélant que l’EMA avait noté une moindre qualité des doses commercialisées par rapport à celles utilisées pour les tests cliniques, entre 69 et 81% de concentration en ARN dans les fioles destinées aux essais contre 59% pour les fioles destinées au commerce ; cette même EMA qui semble avoir subi des pression de la part de la Commission Européenne pour autoriser au plus vite la mise sur le marché des vaccins… Mode de fonctionnement plus proche de l’organisation frauduleuse que de l’entreprise vertueuse. 

Et notre ministre de la santé qui nous vente ce vaccin comme la solution magique et qui explique pouvoir vacciner 70 millions de français d’ici aout prochain. Et nous devrions montrer une confiance aveugle alors que les pouvoirs publics sont bien incapables de déterminer une posologie claire déterminée non pas par l’efficacité supposée du médicament mais en fonction des retard logistique comme le révèle le Canard enchaîné du 20 janvier 2021 : Pfizer fixant le délai entre les deux injections garantissant l’efficacité à 3 semaines, l’Académie de médecine qui se prononce pour le respect scrupuleux de ces délais, le gouvernement qui choisit  4 semaines, l’Assistance publique de Paris optant pour les 6 semaines…

Fiasco et mensonges concernant les masques, fiasco et engagements non tenus à propos de la campagne de test, fiasco et « bricolages » concernant la campagne vaccinale cependant ayez confiance braves français ! 

 Je suis  d’ailleurs toujours surpris d’entendre sur les ondes ou à la télévision les politologues, sondeurs et autres sociologues expliquer que les français sont les rois de la défiance envers leur gouvernement par rapport à nos voisins européens comme si nous étions des citoyens irrationnels et indisciplinés ; et bien moi je m’étonne plutôt que certains montrent encore une once de confiance envers ces gouvernants irrationnels et désorganisés.

   Pour finir, la survenue de certains variants du virus pourrait changer la donne vaccinale, le vaccin Pfizer « serait » efficace contre la souche anglaise mais on ne sait pas avec « la sud-africaine »  et « la brésilienne ». Mais vaccinons-nous gaiement !

 

Des conséquences probables : deux mondes parallèles qui risquent de s’affronter. 

 

    Nous pouvons donc identifier deux visions totalement distinctes qui se font face sans que l’on puisse identifier clairement laquelle est la plus prégnante au sein de la société française. D’un côté le gouvernement qui opte pour les mesures restrictives strictes (confinements, couvre-feu, un traitement inexistant en dehors de l’hospitalisation (mis à part le doliprane) et le vaccin comme remède miracle, seul capable de nous ramener à « la vie normale ». De l’autre, la vision d’un certain nombre de soignants, politiques et citoyens qui eux souhaiteraient une diminution des mesures restrictives, l’établissement d’une  politique de prévention nationale, des recommandations de traitements en phase précoce (ou au moins l’autorisation données aux médecins de les choisir) et un simple droit au doute vis-à-vis du vaccin. Pas de condamnation systématique ni une acceptation servile, simplement l’exercice de la liberté de choix et de conscience pour un sujet de santé publique et personnelle aussi sérieux et incertain.  

    Malheureusement nos gouvernants sont pris dans une fuite en avant et semblent incapables de modifier leur approche. Sentences, matraquages de messages rassurants impossible à prouver, contradictions balayées en quelques petites phrases… comme si répéter 100 fois une idée improbable pouvait la rendre incontestable.

    Et entre l’opinion publique ballotée au gré des informations distillées en fonction d’intérêts difficilement identifiables et l’équipe restreinte de décideurs mettant la France au pas,  l’arbitre est tout trouvé : les médias. Les mêmes qui jouent un jeu trouble alors qu’ils se présentent comme les gardiens de la vérité et de la raison. Une information récente m’a semblé avoir trop peu de retentissement : comme relaté par RT France[xix], Le Monde a réalisé une enquête mettant à jour des pratiques plus qu’étonnantes : les rédacteurs en chef de France télévision seraient rémunérés en partie au rendement pour évoquer des sujets comme « la diversité », « l’Europe » ou encore « l’Outre-mer ». Des doutes sur l’indépendance des journalistes ? Et dire qu’il s’agit du service public obsédé par les contraintes budgétaires, imaginons ce que cela doit être au sein des rédactions dont les propriétaires sont des milliardaires… Petit écart de pensée tout de même pour louer le travail de ces quelques journalistes qui semblent conserver une certaine éthique, toujours en espérant que ce ne soit pas une espèce de professionnels en voie d’extinction.

   Tout cela contribue à mettre face à face deux conceptions pour l’instant divergentes mais qui tendent petit à petit à s’opposer totalement. Avec les faillites à venir, les professionnels déjà à bout de souffle, l’explosion des demandes dans les soupes populaires et organisations caritatives (Les Restos du cœur, Secours populaire, Secours Catholique…), la pauvreté et les suicides d’étudiants… l’opposition totale pourrait devenir brutale. 

 

P.M.

 

 

 

 

 



Pourquoi je ne voterai pas à l’élection présidentielle de 2022

Dimanche 10 avril 2022 je ne serai pas en déplacement, j’aurai la capacité de me rendre au bureau de vote, je ne me désintéresse pas du tout...