dimanche 4 novembre 2018

Comment le soi-disant « chef d’Etat » français, avec la complicité de son gouvernement, met sa population sciemment en danger.

      Il reconnaît lui-même être arrivé au pouvoir par effraction : « Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’histoire. Une effraction parce que la France était malheureuse et inquiète. »[1].  J’ajouterais ici qu’il est l’auteur d’une des plus grandes fraude intellectuelle de la 5èmeRépublique avec la complicité zélée de tous les membres de son gouvernement et de sa majorité parlementaire. Qui est trompé dans cette histoire ? Tout citoyen français qui n’appartient pas aux 1% les plus riches, et qui, quelle que soit la représentation qu’il se fait de sa situation personnelle, se verra glisser vers de plus en plus de précarité et de difficultés financières. Les faits sont pourtant là, connus… mais l’illusion perdure. 
      Evoquons les postulats de départ de toute sa politique économique : des hypothèses plus qu’incertaines dont la concrétisation était liée au contexte favorable de l’époque[2]. L’idée de départ était d’améliorer la situation des français en matière d’emploi et de pouvoir d’achat par un soutien important à la croissance en libérant les entreprises des contraintes qui les empêcheraient de se développer et d’exprimer leur plein potentiel de croissance d’activité ; en espérant que cela se répercute de manière positive sur le marché du travail en terme d’emplois. Pour poursuivre ces objectifs, certaines mesures  ont été imposées par décrets ; les plus emblématiques restent la révision du code du travail pour « flexibiliser » le marché du travail et soi-disant permettre aux entreprises d’être plus souples sur la question des embauches ainsi que la modification de l’ISF afin de permettre à ces même entreprises de disposer de fonds plus importants destinés aux investissements productifs. Malgré les doutes émis et les mises en garde nombreuses, au bout d’un an, les conséquences ne sont pas réjouissantes : nombre d’entreprise peuvent saisir l’occasion de licencier leur salariés[3], l’investissement ne connaît aucune accélération[4]et bien sûr… les dividendes et revenus des plus riches ont explosé[5]. D’ailleurs Macron l’a dit lui-même lors d’une sortie dont il a le secret : « moi je ne donne que l’argent que je prends par ailleurs »[6] ; APL, CSG pour les retraités, taxe sur le tabac, taxe sur le carburant… Nous savons donc à qui il prend[7]
Au delà du fait qu’il est de plus en plus contestable et irresponsable de voir dans la croissance l’alpha et l’omega des objectifs des « économies développées » (confer les considérations écologiques incompatibles avec cette illusion de croissance positive infinie), ce plan économique fonde bien tous ses espoirs sur le pronostic d’une croissance  durable et soutenue, ce qui est déjà le premier écueil majeur car largement remis en cause depuis plusieurs mois[8]… Peut-être serait-il plus judicieux de profiter d’un contexte favorable afin d’opérer un changement complet de notre modèle économique et social en favorisant les initiatives d’économie alternative et coopérative, le recentrage sur le local, les modes de production alimentaire écologiques et durables (fin de l’agriculture intensive, développement de la permaculture et autres initiatives d’argriculture soutenable), aides publiques pour des expérimentations de sociétés basées sur des nouveaux modes de solidarité et de relation sociales du type ZAD, lutte réelle contre l’obsolescence programmée… tout cela dans le but de nous rendre moins dépendants d’une notion si volatile et imprévisible.   
      Il est important de noter un certain nombre de témoignages faisant état du fait que la France ait mieux résisté que ses voisins à la crise financière de 2008[9] ; nous pouvons tout à fait comprendre que cette exception française (code du travail protecteur, sécurité sociale efficace), toujours critiquée de manière virulente par les libéraux, puisse avoir pour conséquence une moindre augmentation de la croissance générale sans pour autant remettre en cause l’activité de la majorité de nos entreprises. Une digression peut être faite ici pour évoquer les PME (Petites et Moyennes Entreprises) ; elles seules pourraient justifier, dans certains cas précis, les adaptations du code de travail ; cependant, le gouvernement aurait pu tout simplement centrer les mesures et décrets sur ce secteur exclusivement. Malheureusement cela n’a pas été le choix de nos dirigeants avec les conséquences que l’on connaît.  Rappelons qu’ actuellement, les prévisions de croissance à long terme sont toutes revues à la baisse[10]et il s’agit d’un contexte général dans une économie mondialisée  qui n’attend pas les signaux envoyés par un gouvernement français fantoche pour se relancer. A l’inverse, plusieurs témoignages mettant en garde contre une crise potentielle se multiplient ces derniers mois et il ne faudrait pas faire la sourde oreille[11]... La réaction la plus saine, si l’on s’attache à l’intérêt général et au bien-être de sa population serait de revoir l’ensemble des mesures à venir et de changer radicalement de politique économique en mettant en balance d’un côté la situation de milliers de foyer et de l’autre quelques points de croissance non garantis. Le choix devrait être rapide pour n’importe quel chef d’Etat et gouvernement qui se respecte… Je vois un parallèle avec une situation plus concrète dans laquelle un pompier vous expliquerait que vous entrez dans une maison ou les risques de départs de feu, et donc d’explosion générale (crise financière majeure), sont énormes, et qu’au lieu de rebrousser chemin (arrêter la politique actuelle) vous vous enfonciez le plus possible dans le sous sol (mesures actuelles) pour aller chercher quelques biens qui pourraient s’y trouver (croissance) et, qu’en plus, vous refusiez d’emmener avec vous l’extincteur que vous avez à disposition (mesures sociales et service public)… Irresponsable me diriez vous ? 

    Deuxième écueil majeur, une contradiction liée à cette idée d’une société du « tout numérique et technologique »[12]. Un problème insoluble est posé maintenant. Les facteurs principaux qui entrent dans l ‘équation sont les suivants : une demande énergétique qui va exploser et  « un engagement » pour la sortie du nucléaire qui ne peut être honoré. En effet, les forums ventant la « start-up nation » s’enchainent ; les rapports nous promettent un avenir radieux avec une IA (Intelligence Artificielle) positive, des ordinateurs quantiques aux capacités de calculs dépassant les rêves les plus fous[13], l’émergence de nouvelles pratiques économiques avec le « Bitcoin »[14]et les « blockchains »[15]déjà encensés par un ministre de l’économie paradoxalement déconnecté[16], l’arrivée de voiture électrique en masse et même de voitures autonomes, la robotisation et l’informatisation de toutes nos entreprises, les nouveaux modes de paiements numériques… et, pour qui émettrait une critique, une réponse en forme de sentence : « on n’arrête pas le progrès, c’est la marche du monde, on ne peut pas faire autrement ». En effet, nous nous trouvons de nouveau ici dans une réponse de l’ordre de la posture idéologique ; nous pouvons d’ailleurs trouver autant d’arguments pour que contre. Une seule réflexion devrait alors servir d’arbitre à ce débat : les ressources énergétiques à notre disposition et les conséquences d’une augmentation incontrôlée  de la demande énergétique sur « notre sécurité écologique »[17]
La question du nucléaire devient primordiale[18]. La dangerosité de ce secteur énergétique est avérée[19]et les différents gouvernements, sous la pression de l’opinion publique, ont été contraints de prendre des mesures[20]. En effet, certains désastres ont mis en lumière les limites de cette industrie[21] : catastrophes naturelles par nature imprévisibles, comme dans le cas de Fukushima,  qui vont augmenter en fréquence ; catastrophe  financière avec des délais impossibles à tenir et des factures revues constamment à la hausse se chiffrant en milliards[22]et enfin, catastrophe en terme de sécurité sanitaire avec l’ ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire, organisme qui agit au nom de l’Etat) qui pointe régulièrement des manques et qui, malgré cela, est reconnue, par de nombreuses associations écologiques, comme conciliante, pour ne pas dire laxiste[23]... Un tableau général vraiment rassurant…
Pour notre plus grand malheur, le seul moyen de poursuivre notre fuite en avant numérique et technologique est la promotion de cette industrie mortifère. Il est d’ailleurs très intéressant de voir les inflexions actuelles qui se dessinent par petites touches (côté médiatique)[24], ou plutôt à gros traits (côté gouvernemental)[25], aux niveaux de nos instances dirigeantes et qui nous conduiront fatalement à une remise en cause de la sortie annoncée du nucléaire : EDF qui multiplie les appels du pieds au gouvernement[26], un premier ministre transfuge d’AREVA aux manettes[27]après le départ fracassant d’un ministre de l’écologie anti-nucléaire, De Rugy qui semble adepte « des petits pas »[28], plus que frileux en la matière, et prêt à s’asseoir dès qu’on lui demandera sur tous ses engagements passés (comme il l’a déjà si bien fait jusqu’à maintenant), la remise en cause symbolique mais « tout à fait normale » d’un décret arrêtant la fermeture de la centrale de Fessenheim[29], la remise en cause de la capacité de fourniture et de la viabilité économique de la production d ‘énergie renouvelable[30]…  les exemples parlants ne manquent pas. Ajoutons à cela la sonnette d’alarme tirée par de nombreux acteurs du domaine quant à l’intégrité de nos installations électriques[31], la surtension ou la surchauffe semblent proches[32]
Nous faisons face à un drame sans précédent avec une incapacité systémique à soutenir un projet gouvernemental irréalisable et totalement illusoire, une inadéquation totale entre objectifs poursuivis et ressources disponibles. Il s’agit d’une mise en danger tout à fait réelle de toute notre économie et donc de la société française dans son ensemble. Exemple criant avec la vague de privatisations lancée par l’Etat[33]pour alimenter un fond d’investissement dans un secteur bientôt au bord de la rupture[34]

En conclusion, je considère que toutes les bases sur lesquelles repose le projet macronien sont en phase de désintégration avancée, menaçant l’ensemble de notre pays : postures déclaratives qui ne passent pas l’épreuve du réel (politique extérieure, injonctions contradictoires en matière d’écologie) et inconsidérations majeures pour ce qui est de la prévention des risques qu’ils soient économiques ou écologiques. Et le plus effrayant pour nous tous est l’affirmation récente, dans cette allocution accablante et déprimante sur le fond comme sur la forme (le 16 octobre sur France 2), qu’ « il n’y aura aucun changement de cap »… Il n’y a rien de plus dangereux que le déni, l’aveuglement et l’incapacité à se remettre en question, surtout pour la personne qui porte la responsabilité de notre avenir collectif par son action quotidienne. La seule solution qui me paraît viable est la démission de cet individu ainsi que l’ensemble de son gouvernement (ou la destitution si nécessaire) ; j’ai la très nette impression qu’il mène, à grands pas cette fois-ci, le peuple français à l’abattoir. Certains pourraient rétorquer qu’avec ces idées c’est bien moi qui suis irresponsable, qu’il s’agit de choisir entre le macronisme et le chaos (ce petit jeu malsain a déjà mené un incompétent au pouvoir) . Je vois plutôt un choix entre l’incertitude de ce qui pourrait venir, donc un espoir d’amélioration et la certitude d’un crash inévitable. Vous comprendrez que je pencherais vers l’incertitude… Au lieu de suivre les velléités d’esprits malades égocentrés, tournés exclusivement vers la réussite financière d’entreprises peu soucieuses de l’intérêt général (dans lesquelles ils se préparent tous à « pantoufler » allègrement), c’est notre intelligence collective citoyenne qui pourra s’exprimer. Je reste persuadé que, pendant les heures graves et dans l’urgence des circonstances, se révèlent les véritables consciences honnêtes et justes. 

P.M.






dimanche 7 octobre 2018

De la différence, sans doute excessivement sensible, entre défendre et promouvoir, mais aussi entre défendre et discréditer.

     Précisons tout d’abord qu’il me semble nécessaire de défendre la cause de toutes le minorités stigmatisées injustement et souvent opprimées avec une violence intolérable. Récemment je me suis d’ailleurs réjouis sincèrement en apprenant qu’en Inde  l’homosexualité avait été dépénalisée[1]. Comment peut-on croire que de nos jours certaines personnes puissent être poursuivies et condamnées pour leur orientation sexuelle ?  De la même manière, j’ai été choqué par le sort subi par cet acteur  molesté en pleine rue pour avoir enlacé son compagnon[2]et j’espère que la justice saura être intransigeante. Je comprends donc totalement le besoin que peut ressentir une minorité attaquée fréquemment de se faire entendre, de manifester ses revendications lors de regroupements populaires du type « gay pride ». Ce n’est pas seulement un besoin mais une nécessité, d’ailleurs le droit de manifester est inhérent à notre société et doit toujours être protégé institutionnellement. 

Cependant une limite ne devrait pas être dépassée, et pourtant elle me semble atteinte par différentes actions instiguées par le mouvement LGBT avec le concours du gouvernement français. Un mouvement qui passe d’un objectif de mobilisation, de mise en lumière à un objectif d’influenceur sociétal, de conditionnement idéologique et cela me gêne particulièrement. Quoiqu’en pensent les différents acteurs contribuant à hystériser le débat, il existe pour moi une majorité de français éduqués et donc s’étant forgé une nature tolérante et pacifique. Me considérant comme membre de ce groupe étendu, l’injonction à « penser d’une certaine manière », l’impression de subir une autorité morale supérieure m’est particulièrement insupportable. Certains me rétorqueront que nos modes de pensées actuels sont le fruit d’un conditionnement culturel et idéologique bien plus ancien ; c’est peut-être bien le cas, cependant je ne souhaite pas remplacer un conditionnement par un autre. Si émancipation il doit y avoir, elle doit être le fruit de ma propre réflexion personnelle et de ma propre liberté de conscience. Je vois donc avec méfiance la multiplication des actions de cet omniprésent lobby. Par exemple, j’ai du mal à comprendre l’organisation des JO gay l’été dernier à Paris[3] : une compétition « ouverte à tous », prônant la tolérance mais qui porte un nom qui semble plutôt évoquer une forme de communautarisme ; pourquoi ne pas les avoir appeler JO de la tolérance ? Encore plus étonnant d’apprendre à quel point le gouvernement et les pouvoirs publics ont pris une part active à cet événement officiellement « sous le haut patronage du Président de la République »[4] : un budget d’environ 4 millions d’euros pour 25 pourcents assurés par un financement publique[5]

Bien sur il n’y a pas lieu ici de contester l’attribution des subventions publiques mais comment expliquer le zèle clairement affiché par nos gouvernants et politiques : François de Rugy qui se félicite que l’Assemblée Nationale soit pavoisée aux couleurs du drapeau arc en ciel LGBT à l’occasion de la Marche des fiertés[6], Marlène Schiappa remplaçant le drapeau Français sur son profil twitter[7]ou encore Anne Hidalgo et les passages piétons au couleur LGBT[8]. Il est rare de voir ces éminentes figures politiques françaises défendre avec tant d’ardeur communicationnelles d’autres causes… démarche sincère ? Effet de mode ? Opportunisme politique et/ou idéologique ? Qui sait ? Dans tous les cas, saturer l’espace public de ce types de symboles ne me semble pas servir l’objectif initial de pure défense des droits des personnes LGBT.
 Au contraire, certains citoyens, pourtant sans a priori, peuvent s’agacer de tant d’égards, non pas par homophobie mais par sentiment d’inégalité ressentie dans l’appréhension  des combats sociétaux menés et promus par les puissances publiques. Il serait injuste de condamner systématiquement le recours aux subventions mais est-il seulement encore possible de questionner institutionnellement la pertinence de certains choix sans être soupçonné de discrimination  à l’heure où le budget des collectivités locales se réduit comme une peau de chagrin ? Le cas de la ville de Nantes où la cour d’appel vient de valider une subvention au centre LGBT locale, a le mérite d’engager la réflexion[9]

La capacité d’influence auprès des sphères politiques montre bien l’évolution d’un mouvement de défense vers le lobby pur et simple. Le but recherché n’est plus de protéger mais plutôt de supprimer des normes, de les remplacer. 
     
Pour poursuivre cet objectif nous pouvons évoquer les théoriciens, souvent sociologues et/ou philosophes qui donnent une assise conceptuelle à cette mouvance. La référence mondiale dans les études de genre est Judith Butler. Récemment nous avons pu relever une affaire qui a secoué le milieu universitaire américain, cette enseignante reconnue a signé une lettre avec de nombreux collègues académiciens afin de voler au secours de la professeure Avital Ronnell, philosophe américaine accusée de harcèlement sexuel par un de ses étudiants[10]. La polémique est née du discrédit semblant être porté sur la parole de la victime par toute cette intelligentsia universitaire dans une tentative maladroite de protéger leur collègue et amie. Mais comment défendre l’indéfendable sans courir le risque d’être soi-même discréditée dans la manœuvre. Il est certain qu’on ne peut pas remettre cause tout un mouvement, le combat légitime de milliers de personnes pour une erreur ponctuelle ; cependant, il est permis de tirer un enseignement important : lorsque l’habituel accusé se trouve en position d’accusateur, (ou inversement), il n’y en a pas un plus irréprochable et honnête que l’autre. 

On se trouve bien loin de cette dichotomie souvent caricaturée entre une mouvance ouverte et toujours bienveillante face à des milieux fermés et agressifs. S’agirait-il finalement de remplacer une mode de penser par un autre sans aucun changement effectif dans ce qui fonde les rapports de pouvoir et de domination ? Quel juge est assez omniscient pour décréter sans consultation citoyenne de grande ampleur ce qu’il est bon de reconnaître comme légitime et acceptable dans notre société ? Inutile de se poser ces questions, certains penseurs ont déjà répondu pour tous et honte à ceux qui demandent une explication. 

     Cela n’enlève rien au fait que toutes ces théories soient particulièrement intéressantes et stimulantes d’un point de vue intellectuel. L’entrevue de Carolin Emcke le 13 septembre 2018 sur France culture sur le thème du désir était particulièrement captivante[11]. Pourtant j’ai été surpris qu’elle se ponctue par cette affirmation : «Il ne faut surtout pas prendre en compte les identités qui veulent exclure les autres identités, tolérance zéro pour ceux qui refuse une société sécularisée, ouverte et tolérante justement ». Il est toujours curieux de voir des individus luttant contre des discriminations devenir eux-mêmes les auteurs d’agissements qu’ils combattent. Certains avanceront que le paradoxe, la contradiction sont constitutifs de la nature humaine ; il me semble que cette théorie a été inventée puis relayée par des pseudo penseurs tout simplement incapables de reconnaître et de dépasser leurs incohérences personnelles.
     Autre exemple assez marquant, cet entrepreneur parlant de reverser les bénéfices d’une transaction avec les organisateurs des Gaygames à la Manif pour tous. Il s’est fait « lyncher » sur internet par des défenseurs de la cause LGBT qui ont même appelé à boycotter son entreprise. Gageons que le mauvais goût de la démarche du patron de Barnum était plus que flagrant et qu’il ne pouvait pas attendre des mots de félicitations après une telle provocation ; cependant, voir son activité professionnelle mise en danger me laisse songeur… Bien loin de moi l’idée de défendre une quelconque émanation de la Manif pour tous, dont les proches sont habitués aux réactions excessives, déraisonnables et souvent insultantes comme le prouve encore cette sortie du président de la  CNAFC lors de leur université d’été : « le problème c’est pas que les pédés… »[12]. Mais il ne faudrait pas que les opposants à ce mouvement se trouvent pris dans la même spirale d’excès et de surenchères contreproductives…
     
Pour finir, je peux assurer que j’aime profondément le débat et la confrontation des points de vues, seule approche permettant de faire évoluer les mentalités. Par contre je déteste que l’on «impose » une idée de manière insidieuse et péremptoire en s’affichant comme seul détenteur de la vérité et de la bonne moralité, encore plus quand le législateur et les pouvoirs publics s’en mêlent  en prenant des décisions comme toujours « au dessus de nos têtes ». Cette éternelle rengaine du politicien, du technocrate ou de l’intellectuel qui pense sincèrement savoir mieux que nous-même ce qui est bon pour notre personne et entend nous le faire « comprendre » en faisant appel à des principes moraux qu’eux seuls ont forgés pour des raisons purement intéressés (intérêts et pratiques personnels, électoralisme ou opportunisme) ; cela m’est insupportable et ne sert qu’à exacerber les tensions déjà extrêmes, nous menant tout droit vers un  décrochage émotionnel généralisé moteur de toutes les dérives…  

P.M.








[1]https://www.marianne.net/monde/cinq-ans-apres-une-premiere-tentative-l-inde-finit-par-depenaliser-l-homosexualite
[2]https://www.huffingtonpost.fr/2018/09/19/apres-une-agression-homophobe-a-paris-devant-un-theatre-ce-comedien-publie-une-photo-de-son-visage-tumefie_a_23532122/
[3]https://www.bfmtv.com/societe/tout-savoir-sur-les-gay-games-qui-commencent-samedi-a-paris-1498150.html
[4]https://www.paris2018.com/fr/
[5]http://sport24.lefigaro.fr/le-scan-sport/2018/08/04/27001-20180804ARTFIG00050-manuel-picaud-les-gay-games-sont-ouverts-a-tous.php
[6]https://www.20minutes.fr/societe/2298915-20180629-marche-fiertes-lgbt-assemblee-nationale-couleurs-drapeau-arc-ciel-week-end
[7]https://francais.rt.com/france/50734-ringard-bleu-blanc-rouge-schiappa-remplace-drapeau-par-arc-ciel-twitter
[8]http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/06/27/01016-20180627ARTFIG00355-anne-hidalgo-annonce-que-les-passages-pietons-aux-couleurs-lgbt-seront-permanents-a-paris.php
[9]https://www.20minutes.fr/nantes/2349171-20181005-nantes-subvention-attribuee-centre-lgbt-nouveau-autorisee-justice
[10]https://www.mediapart.fr/journal/international/280818/aux-etats-unis-l-affaire-de-la-professeure-avital-ronell-questionne-metoo?onglet=full
[11]https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/le-desir-liberte-egalite-sexualite
[12]https://www.nouvelobs.com/societe/20180924.OBS2807/propos-sur-les-pedes-apres-campion-un-proche-de-la-manif-pour-tous-vise-par-une-plainte.html

vendredi 31 août 2018

Quels enseignements peut-on tirer, concernant l’évolution en marche de notre société, en observant les comportements de l’actuel Président de la République française, de certains membres de son gouvernement, de Booba et de youtubers accusés d’abus sexuels ?

     On peut remarquer chez chacun d’eux une absence d’autocontrôle, une incapacité maladive à maîtriser ses envies, ses désirs. J’ai la nette impression que tous ces individus, au cours de leur vie d’adulte, ignorent certains principes fondamentaux qu’ils ont appris, je l’espère, lors de leur prime jeunesse. Il semblerait que nous assistions en effet à la désintégration progressive du principe de « limite » pourtant indispensable à développer dès le plus jeune âge dans tout mode d’éducation. N’en déplaise aux partisans d’un « progressisme débridée », «de la jouissance sans entrave » ou encore de l’abandon des règles[1], le fait de poser des limites n’est pas incompatible avec le dépassement de soi. Il suffit de déterminer raisonnablement à quels champs s’appliquent ces limites ; c’est lors de cette réflexion que la maîtrise de ses désirs prend tout son sens. 
     Dans les cas qui nous intéressent, il semblerait que posséder un certain pouvoir, détenir des richesses conséquentes et bénéficier d’une reconnaissance sociale importante (ces trois facteurs étant d’ailleurs étroitement liés) rendent légitime un manque de mesure inacceptable pour le commun des mortels. Comment expliquer que des individus ayant de telles responsabilités et un devoir d’exemplarité eu égard de leur influence réelle sur les plus jeunes générations, puissent minimiser des « affaires » pouvant relevées du judiciaire au plus haut sommet de l’Etat, puissent se livrer à un déchainement de violence totalement disproportionnée ou puissent profiter d’une situation de faiblesse psychologique pour obtenir des faveurs sexuelles ? A quel moment la morale et l’éthique personnelle dysfonctionnent au point que surviennent ce genre de dérives ?  Bien sûr, il convient de bien discriminer ces différents forfaits afin d’appliquer la sanction adéquate. Je ne comprends d’ailleurs pas que des rappeurs qui confondent un hall d’aéroport avec un  ring de combat libre puissent être incarcérés pendant 3 semaines alors que le proche d’un président, accusé de violence en réunion par unepersonne chargée d’une mission de service publique, usurpation de fonctions, port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection, dont la femme se soustrait à la justice[2]et qui dissimule sciemment des preuves aux enquêteurs[3], parte tranquillement en vacances à l’étranger… parfois la justice a ses raisons que ma raison ignore. 

    Pourtant, dans notre société, c’est bien la loi qui est censée revêtir le rôle de garde-fou ; tomber sous le coup du système judiciaire c’est, normalement, avoir atteint la limite à ne pas dépasser, avoir fait céder les digues de la réflexion personnelle pour des raisons comme la non intégration des règles élémentaires de vie en société, une pathologie mentale, un état de décrochage émotionnel ou autre condition incontrôlable de perte de repères. Vouloir agir vis à vis de la loi comme un enfant à l’égard de ses parents (dissimuler, tester, passer outre) c’est inconsciemment approcher l’état de folie. Le législatif n’a pas pour vocation de nous éduquer sinon il faudrait être allé de nombreuses fois en prison avant de devenir raisonnable. Prendre la loi comme seule référence pour ses actions au lieu de sa propre conscience, c’est accorder à cette loi un rôle qui n’est pas le sien. Comme si ces individus n’avaient pas passé le stade de développement psychologique d’un adolescent. La justice remplace leur conscience, c’est à dire qu’ils se déresponsabilisent totalement, ils externalisent leurs questions personnelles de morales et d’éthique à une institution qu’ils tentent en même temps de flouer par les dissimulations les plus absurdes. Ces individus justifient la réduction de nos libertés par le seul fait qu’ils soient incapables de se valoir d’un minimum de probité.  
    
Je reconnais qu’il peut paraître compliqué d’en appeler à l’éthique, cet ensemble de valeurs propres à un milieu, un groupe, une culture et même à un individu. Certains y voient les fondements d’un autoritarisme pouvant dériver vers des situations dramatiques. Pour ne pas atteindre le point Godwin, je citerai l ‘exemple souvent repris de la Terreur ; à ceci prêt que la peine de mort à bien été abolie et qu’il suffit d’associer à ces questions de morale un certain nombre de principes fondamentaux parfaitement identifiés et normalement enseignés à l’école de la République : respect de l’autre, tolérance, solidarité et poursuite de l’intérêt général. Dès lors, chacune de nos actions peut être jugée à l’aune de ces préceptes. 
Encore faudrait-il ne pas avoir la mémoire trop courte contrairement à nos décideurs : membres du gouvernement et députés perroquet de la majorité qui vont encore plus loin, en faisant mine de les honorer dans leurs discours tout en les foulant aux pieds dans les faits. Un exemple éclairant reste la déclaration faite par l’ancien ministre de l’écologie lors de sa démission[4].  Comment ces énergumènes adeptes du double discours, de la dissimulation et des démonstrations les plus éhontées d’hypocrisie, peuvent-ils espérer que nous les soutenions une seule seconde ? Certains nous voient comme « réfractaires »[5]et ne peuvent pas se limiter ; il faudrait simplement faire attention à ne pas atteindre les limites de notre tolérance. 

P.M.       






mardi 17 juillet 2018

Cet extrémisme qui se cache sous les ors de la République.

      Aucune référence ici à l’extrémisme religieux, pas non plus aux groupuscules ou partis dits d’extrême droite ou d’extrême gauche. Il serait d’ailleurs intéressant d’établir une définition plus claire de ce dernier qualificatif. En effet, de nombreux « experts » semblent utiliser abusivement cet adjectif « extrême » pour discréditer certains mouvements ou certaines idées parfois modérés ou simplement en décalage avec la pensée dominante. Prenons un exemple assez parlant : selon le point de vue d’un politicien américain, qu’il soit du parti démocrate ou du parti républicain (droite modérée ou droite dure), un Hamon ou un Mélenchon passeront facilement pour des extrémistes de gauche, nouvelle incarnation de Chavez ou Castro en puissance ; d’un autre côté, pour un individu de sensibilité anarchiste, ces mêmes politiciens français, tous deux vouant une admiration béate au « progressisme » à tout va ne valent pas beaucoup mieux qu’un Macron ou une Le Pen. Si on ne définit pas le point de référence à partir duquel s’éloigne les extrêmes, impossible de donner une validité quelconque à cette idée d’extrémisme. 

      Je prends, pour ma part, comme point de référence un idéal humaniste basé sur le respect, à la fois de tout individu et de l’intérêt général, ainsi que sur la solidarité indispensable à la cohésion de notre société et principe fondateur du modèle social français. J’ai donc décidé d’évoquer cette idéologie qui se développait sournoisement jusqu’à maintenant. Idéologie sans doute endiguée jusque là par des pratiques, des forces et des positionnements intellectuels qui se sont trouvés paralysés subitement, en même temps que les anciens clivages politiques. Il s’agit d’un extrémisme « financier », une déclaration d’amour gouvernementale faite aux plus grandes fortunes, aux plus grands groupes : entreprises génératrices de gains faramineux et autres banques qui font offices de véritables décideurs au dessus de nos gouvernements fantoches devenus de simples exécutants. L’Assemblée nationale, le Sénat et la République française dans son ensemble se transformant à grande vitesse en des chambres d’enregistrement de mesures visant exclusivement le bien-être des plus grandes entreprises pour favoriser d’hypothétiques investissements[1]. C’est d’ailleurs l’une des plus importante fraude intellectuelle de ces dernières années : ces investissements devraient favoriser la croissance donc l’emploi et par extension les conditions de vie et le bien-être de tous les concitoyens et surtout de ceux qui sont le plus dans le besoin. Malheureusement, aucun « fléchage » de ces investissements, aucune contrainte légale établie pour ces entreprises, il faudrait donc compter sur la bonne foi de tous ces grands citoyens modèles tout à fait désintéressés[2]… D’autre part il est parfaitement reconnu par tous les progressistes que notre avenir sera amélioré et la croissance (seul indice valable pour tous ces illuminés) permise  par les sacro-saintes nouvelles technologies : un cocktail idylliques d’Intelligence Artificielle, d’algorithmes complexes, d’ordinateurs quantiques et autres dispositifs numériques et robotiques[3]. Difficile dans ce contexte de nous vendre cette idée saugrenue d’une augmentation du nombre d’emplois ; les gains de productivité étant conditionnés par des dispositifs techniques nécessitant de moins en moins de main d’œuvre et d’employés, le PDG de carrefour ou ce cher Darmanin pourrait sans doute nous le confirmer[4]

      Ce fanatisme de la finance n’est pas nouveau, feu « la dame de fer » Margaret Tatcher et feu « le franc-tireur » Ronald Reagan doivent jubiler dans leur tombe. En France cette idéologie retrouve une seconde jeunesse avec le pire ambassadeur  (ou le meilleur pour certains), notre Macron national (Manu pour les intimes) capable d’embrasser dans le discours toutes les idées, même les plus contradictoires en fonction de son auditoire ; il manie les paradoxes comme Donald Trump son hochet et il est incapable de cacher le mépris profond pour ses concitoyens sans mérite qui devraient être tirés par les « premiers de cordées ». Il est d’ailleurs capable des blagues les plus douteuses que n’aurait même pas osé un François Hollande sous acide[5]. Malheureusement pour lui et heureusement pour nous, « les faits sont têtus »  et toutes les belles annonces et prévisions ne résistent pas à l’épreuve du réel. 

      Le documentaire très partial : Macron président, la fin de l’innocencede Bertrand Delais[6]est assez éclairant quant aux fondements pseudo philosophiques de cette idéologie dangereuse. Un passage m’a profondément mis mal à l’aise, lorsque le président de la République française évoque cette idée d’ « absolu ». Il s’en donne à cœur joie, comme à son habitude, en rendant tout à fait flou, par ses explications, un concept qui devient alors englobant, qui permet d’y associer tout et son contraire. Au lieu de clarifier les choses, une nouvelle fois il sème le trouble par manque de précision : « Il n’y a plus d’aventure importante car on ne risque plus notre vie » ; « si on dit dans nos démocratie et dans nos sociétés : point besoin d’absolu, c’est même fait pour les autres, c’est limite dangereux, vous n’enlèverez pas d’autres racines d’absolu de renaître, il y a une part de ça dans l’aventure djihadiste dans nos sociétés ». « Aventure djihadiste » ? J’ai, tout d’abord trouvé le ton plus que léger pour évoquer des meurtres ignobles perpétrés contre nos concitoyens. La maladresse du propos n’a pas manqué de m’étonner, me rappelant les soucis judiciaires d’un Eric Zemmour avec son commentaire : « je respecte des gens qui meurent pour ce en quoi ils croient ». 
      Ensuite, en réfléchissant un peu plus à son propos, il m’a semblé clair que ce président cherchait à tout prix à valoriser l’absolu sans comprendre qu’il ne se décrète pas, ne s’ordonne pas, qu’il émerge effectivement lorsqu’il est bien encré dans les  consciences par l’éducation citoyenne à nos principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité. Principes pourtant bafoués continuellement par le pouvoir en place. Comment parler de liberté alors que l’on favorise la censure[7], qu’on inscrit des lois liberticides dans le droit commun[8], qu’Amnesty International met en garde l’état français contre des dérives dangereuses[9] ? Comment parler d’égalité quand un dispositif comme parcoursup s’avère  être un obstacle à la mobilité des étudiants venant de province ou de banlieue[10], quand la réforme de l’enseignement supérieur risque d’être le pire outil de reproduction sociale qui soit[11], quand tout le programme économique du gouvernement ne peut que concourir à l’explosion des inégalités[12] ? Comment parler de fraternité lorsque les migrants sont molestés sur le sol français par les forces de l’ordre afin de les pousser à fuir[13], quand un président de la république garde le silence si longtemps devant les appels à l’aide d’un bateau de sauvetage[14], quand ce même chef d’état laisse entendre que les ONG « font le jeu des passeurs »[15] ?  
      Il me paraît tout à fait légitime de célébrer les véritables héros ; mais il paraît inconvenant de la part d’un chef de l’état qui se respecte de laisser l’exemplarité et la défenses de nos valeurs à d’autres, il serait bon que le « premier » des français ne faillissent pas au moment de prendre ses responsabilités au quotidien devant ses concitoyens. Lorsque l’on s’intéresse aux mesures gouvernementales, l’absolu selon Macron correspond plutôt au succès économique à tout prix d’un petit nombre d’individus ayant « réussis » (par opposition à « ceux qui ne sont rien »), ces « premiers de cordée » qui représenteraient la vitrine de la France. Et pour cela, il semble tout à fait prêt à sacrifier le bien être et les conditions de vie d’une grande partie des français. Un sacrifice nécessaire selon lui dans la poursuite de cet objectif « qui nous dépasse ». Nous sommes les dommages collatéraux ; même les économistes, soutien de la première heure, donc les premiers bernés prennent leurs distances[16]. Malgré tout, il reste encore beaucoup de grenouilles disposées à être ébouillantées.

      Il est pourtant flagrant que ces intégristes libéraux créent à marche forcée les conditions de la mise à mort sociale d’une partie de plus en plus grande des français. Les lois pro entreprises sont mises en oeuvre au pas de charge mais pour le plan anti pauvreté, la réforme de l’hôpital, la réforme de la formation… attendons encore quelques mois pour au final expliquer qu’il faut couper les aides et les budgets et faire en sorte que les gens se débrouillent seuls (« se responsabilisent » en langage macronien).  Il serait bon que ce président, plus chef d’entreprise que chef d’état, comprenne que lorsqu’il fait référence à la « grandeur et à l’histoire de la France », il parle aussi et surtout de l’ensemble des français. Ce gouvernement de fétichistes du rendement, d’adorateurs du dieu argent, ces radicaux pro CAC 40 n’ont pas fini de nous plonger dans la misère. Il semble réellement vouloir la fin de l’état dans sa fonction de protection. 

      Et que dire lorsque notre santé est directement menacée par une majorité incapable de défendre les intérêts de leurs concitoyens face aux désastres écologiques et aux industries agro alimentaires dont certaines pratiques ont des conséquences mortelles. Comment ne pas privilégier la santé publique face à des considérations économiques ? Des députés LREM ont, par exemple, voté contre un amendement visant à interdire les publicités alimentaires peu saines visant les enfants et ce pour ne pas risquer de « mettre des secteurs en danger ». Leur solution : « la responsabilisation des parents ». Quelle honte de culpabiliser les parents alors qu’on dissimule délibérément des informations de premières importance (nutriscore interdit) ou qu’on laisse se propager des images volontairement erronées (publicités glorifiantes autorisées)[17]. Quel manque de courage, quelle irresponsabilité, quelle hypocrisie ; laisser notre écosystème être dévastés par l’activité de grands groupes[18], laisser les français s’empoisonner[19]tout en se présentant comme de grands défenseurs de l’écologie… 

      Espérons que tous les citoyens menacés prennent conscience qu’ils ne sont que quantité négligeable pour tous ces rapaces pourtant bien moins nombreux que nous.

      P.M.



mercredi 2 mai 2018

Si c'était à refaire... je ne changerais rien. Si aucune évolution majeure ne survient, je choisirai l'abstention lors des prochaines échéances électorales.

Texte envoyé à plusieurs rédactions lors de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle française de 2017.


Je voterai blanc le 7 mai 2017, c’est ma responsabilité, laissez-moi au moins cela.

Lettre ouverte à l’ensemble de notre classe dirigeante : maîtres chanteurs, maigres penseurs et surtout mauvais « entendeurs ».

Je vais voter, c’est ma manière d’entretenir l’espoir, peut-être illusoire, d’une « ré-évolution » citoyenne non violente.
Je tiens à dénoncer ici votre campagne de culpabilisation à l’encontre des personnes qui pourraient choisir un vote blanc, nul ou préférer l’abstention.
Précisons tout d’abord que je rejette en bloc tout ce qui de près ou de loin peut ressembler au Front National, jamais je n’ai pensé une seule seconde voter pour un de leurs représentants. La raison est personnelle, c’est une question d’éducation reçue, de principes moraux et de convictions. Je possède la double nationalité franco-espagnole, je suis fils et petit-fils d’émigrés, c’est donc un déchirement pour moi d’imaginer un tel parti au pouvoir. 
Cependant, cette élection est une voie sans issue. J’assume donc totalement la responsabilité de mon vote blanc et le risque de voir le pire au pouvoir. Quel que soit le résultat du scrutin, je me prépare à devoir me mobiliser comme jamais je ne l’ai fait auparavant  afin de protéger nos droits.

Pendant combien de temps devrais-je accepter ce jeu dangereux qui permet la montée insidieuse du FN depuis 15 ans ? J’étais étudiant en 2002, rien n’a changé, je me suis déjà senti pris en otage lors de cet ancien vote. Très vite, il a été oublié que c’était une élection par défaut ; moi je vais marquer à ma manière le défaut de l’élection présente. Les mémoires sont souvent arrangeantes, la mienne est encore « à vif ». Si votre réelle prise de conscience est à ce prix, le dépouillement m’imposera le coût réel à subir. Je ne cèderai pas à la peur cette fois-ci.  Dorénavant la coupe est pleine, je ne veux plus subir cette dictature de votre pensée. Cette pensée qui vise à me faire passer pour un soutien de ce parti nauséabond alors que je choisis juste de ne pas participer à votre mascarade : bel exemple d’un glissement vers le fascisme ordinaire. Je n’appelle personne à faire le même choix que moi, je demande juste que l’on respecte ma démarche, que l’on me respecte, tout simplement.
J’entends depuis le premier tour ces appels au vote « utile », je tiens à vous rappeler qu’en fonction du contexte et des enjeux, certains crimes abominables peuvent passer pour « utiles ». En poussant votre principe d’utilitarisme à l’extrême, admettons que dans 10 ou 15 ans le diktat politique « impose le choix » (formule intéressante qui vous définit très bien) d’un parti d’extrême droite, et bien, si le sort me permet encore d’être debout, vous me trouverez là, empreint de ma pleine et entière irresponsabilité en train de nier votre pseudo-évidence.
Vous allez trop loin, je voulais me taire jusqu’à maintenant, vous m’obligez à me défendre. Vous êtes une nouvelle fois injustes. Arrêtez de pointer du doigt les individus qui, comme moi, veulent voter blanc, ce n’est pas une simple réaction de colère déraisonnée.  Pour ma part je comprends les enjeux. Oui le doute m’assaille au quotidien, oui c’est un véritable cas de conscience. Il m’arrive même d’imaginer un certain soulagement en me projetant  après l’échéance du 7 mai  et en pensant aux explications possible de certains de mes concitoyens m’ayant « sauvé la mise » pendant que je « boudais ». L’avenir seul nous dira si quelque chose peut être sauvé  avec votre candidat, dans tous les cas, je me tiendrai prêt à résister. Ne me traitez pas comme un enfant capricieux et boudeur, tentez plutôt de vous occuper de votre enfant gâté.
Pour l’heure je choisis d’arrêter ces calculs algorithmiques entre le pire, le moins pire, le soupir… Je n’ai aucune envie d’être militant d’un parti, ou d’un mouvement, je veux rester libre de ma pensée, cependant je me sens plus proche des idées d’un certain candidat écarté (je vous laisse imaginer lequel). Vous êtes capable de choisir entre d’un côté, vous soumettre au parti de la peur, de la haine, du repli sur soi, du fascisme et de l’autre, vous soumettre à ce mouvement du libéralisme excessif, de l’aliénation des travailleurs et salariés, de l’interventionnisme mortifère à l’étranger ?  Bravo à vous, vous êtes sans doute de meilleurs citoyens que moi ; je choisis mon humanisme, ne pas me soumettre du tout.
Nous sommes responsables de notre vote, pas de l’accumulation de vos erreurs passées. Vous comptez sur notre bon sens quand cela vous arrange mais vous méprisez notre intelligence. Vous passez pourtant volontiers outre notre volonté ; les exemples ne manquent pas : référendum de 2005, 49:3 divers et variés. Et bien assumez maintenant. Au vu des agissements et conditions de vie de nombre d’entre vous, vous me semblez bien mal placés pour en appeler à la morale citoyenne.
Autre ressort de cette culpabilisation : quelle société laisserons-nous à nos enfants et nos petits-enfants ? Et bien je répondrais que j’ai moi-même des enfants en bas-âge, je ne peux donc pas m’offrir le luxe de « m’asseoir » sur mes propres principes, sinon, quel exemple leur donnerais-je ? Je refuse aussi qu’ils soient obligés de jouer au même jeu que moi dans 15 ans et qu’ils voient s’étioler leurs espoirs au fil du temps. C’est maintenant que j’ai la force de me battre pour leur avenir.
Vous utilisez la culpabilité comme arme de destruction de la conscience collective. Vous jouez à nous faire peur en agitant le spectre du fascisme sans vous rendre compte que vous jouez avec nos vies mais aussi avec les vôtres. Il faut savoir qu’une partie de plus en plus importante de vos concitoyens ne partage pas votre vision du monde et de la France, il est intolérable de culpabiliser sans cesse le peuple que vous avez si longtemps aliéné par votre malhonnêteté intellectuelle. Ce peuple ne demande qu’à se réveiller. S’il vous plaît, cessez d’étouffer notre désir d ‘émancipation parce que vous croyez savoir ce qui est bon pour nous, rompez avec ce sophisme qui consiste à confondre notre bien-être et votre confort. Votre soif d’argent et de pouvoir ne vous rend pas plus méritants ; nombre d’entre nous ne poursuivent pas les mêmes objectifs que vous mais ne méritent pas pour autant d’être soumis. Nous voulons juste notre liberté : liberté de penser, liberté d’agir. Rendez-nous ce droit au bonheur le plus élémentaire que vous nous avez confisqué depuis si longtemps.
J’espère enfin que vous ne rendez pas votre candidat responsable seul de la faillite possible de votre entreprise : cette sorte de mépris des gens du peuple lors de certaines sorties médiatiques hasardeuses, ces discours alambiqués dont lui-même perd le fil et qui s’avèrent après coup avoir un double voir un triple sens, cette volonté à peine voilée d’incarner « une vision » au détriment d’un programme clair et précis… D’aucuns seront impressionnés par une certaine maîtrise de la langue, par de nombreuses références littéraires. La connaissance rassure surtout quand on sait la rendre inaccessible. Qu’en est-il du respect de la simplicité, de l’honnêteté, de la sincérité ? Ce sont tous ces manquements que je trouve irresponsable, mais il n’est pas le seul à mettre en cause, il est tout simplement le meilleur représentant de votre caste à bout de souffle.

Cordialement. Pablo MOUETTE (simple citoyen, travailleur indépendant).



Pourquoi je ne voterai pas à l’élection présidentielle de 2022

Dimanche 10 avril 2022 je ne serai pas en déplacement, j’aurai la capacité de me rendre au bureau de vote, je ne me désintéresse pas du tout...